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Karim Kiared, DG de l’ESAA : «Tout l’effort consenti par l’Ecole va au profit de l’économie nationale»

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L’Ecole Supérieure Algérienne des Affaires (ESAA) fête cette année quinze ans d’existence. Son nouveau directeur général, Karim Kiared, installé dans ses fonctions en avril dernier, veut donner à cette belle histoire de collaboration bilatérale algéro-française, un nouvel élan grâce à des projets innovants sur le plan infrastructurel, mais surtout au niveau pédagogique. Son souci : « adapter encore plus les enseignements de l’ESAA aux besoins de l’entreprise et de l’économie nationale, tout en restant aux normes internationales de qualité et d’excellence ». La première Business School algérienne de prestige, aujourd’hui largement reconnue comme référence en matière de formation managériale, s’apprête à accueillir, en septembre, les nouveaux bacheliers, rigoureusement sélectionnés. Eh oui..il ne suffit pas d’avoir son bac pour rentrer à l’ESAA. Mais une chose est sûre, l’étudiant en a pour son argent et le diplôme obtenu est reconnu partout à travers le monde. L’ESAA a même été distinguée ce mois d’aout 2019 par EDUNIVERSAL en là classant dans le top 10 africain pour sa formation EXECUTIVE MBA, et compte fêter ce 31 octobre 2019 son 15eme anniversaire avec la présence de la plupart des anciens directeurs de l’ESAA et surtout l’élection et le lancement de l’association des Alumni.

Interview réalisée Par Hacène Nait Amara

Les universités algériennes ont pratiquement achevé la période des préinscriptions des nouveaux bacheliers. Qu’en est-il pour l’ESAA ?
Nous venons de terminer notre première session de recrutement du mois de juillet comme chaque année. Nous avons recruté les licences et les masters avec les trois épreuves (Test de langue, concours TAGE et entretien oral). Nous allons organiser, en septembre prochain, une autre session dédiée aux nouveaux bacheliers, où il y aura également les trois concours. C’est pourquoi l’Ecole ne ferme pas durant le mois d’août où nous accueillons les nouveaux « prétendants » pour la session de septembre. Nous souhaitons toujours donner la chance ce au plus grand nombre de candidats, mais les meilleurs uniquement réussiront les concours.

Combien d’étudiants sont inscrits à l’ESAA ?
Nous avons plus de 600 étudiants en formation diplômante. Pour la licence et le master, la rentrée se fait entre septembre et octobre. Une période de stage en entreprise est prévue à partir du mois de février. Pour l’Executive MBA et le MBA (Master of Business Administration),il y a plusieurs rentrées durant toute l’année. Il y a aussi la formation continue qui est à destination des entreprises, tout au long de l’année, à la carte, pour des masters spécialisés, selon leurs besoins. Sur la formation continue, nous sommes aux alentours de 1500 à 2 000 étudiants par an.

Et pour le doctorat ?
Nous n’assurons pas le doctorat même si c’est dans nos projets de le lancer en partenariat, nous sommes presque full range puisque nous assurons de la licence au Master 2, le MBA et EXECUTIVE MBA, ces deux derniers sont sur 18 mois et visent un public de managers et de cadres supérieurs. Le contenu de cette formation permet d’acquérir des méthodes solides en techniques de gestion à travers une méthodologie d’enseignement innovante. Nos enseignants sont quant à eux docteurs pour la grande majorité car nous tenons à une expertise fine et complète des enjeux économiques et commerciaux.

Quels sont les critères de sélection des nouveaux bacheliers ?
Il faut savoir qu’il ne suffit pas d’avoir le bac pour intégrer l’ESAA. Même avec une très bonne moyenne au bac, nous avons nos propres critères de sélection qui se basent sur trois volets : le test de langue qui permet d’évaluer la compréhension et l’expression de la langue française, étant l’outil de travail au quotidien. Le 2ème critère c’est le concours du TAGE qui englobe un certain nombre de tests liés à la compréhension, la logique, le calcul et qui détermine l’aptitude à la gestion d’une entreprise, ces tests ne sont pas corrigés au niveau de l’école et sont anonymes, transmis à l’étranger pour un traitement neutre. Enfin, il y a le troisième critère qui concerne les entretiens oraux dirigés par un jury composé d’enseignants de l’Ecole et des partenaires académiques étrangers. Les candidats doivent répondre à plusieurs questions dont celles de savoir, par exemple, pourquoi ils veulent intégrer l’ESAA, quels sont leurs projets professionnels ou comment se voient-ils dans 10 ans. C’est une manière de vérifier si l’étudiant est réellement motivé à intégrer l’Ecole. A l’ESAA nous ne vendons pas de diplômes, nous les délivrons sur la base du mérite et du savoir.

Y a-t-il une moyenne minimale au bac exigée à l’admission ?
En fait, pour cette année, nous avons 130 places pédagogiques à offrir. Si nous recevons par exemples 200 étudiants qui ont 18 de moyenne, nous prendrons les meilleurs. C’est dans le lot que la moyenne d’admission est fixée.
Cette année, exceptionnellement, nous avons reçu un nombre beaucoup plus important, grâce au travail de communication que nous avons effectué, nous avons reçu lors des journée portes ouvertes plus de 1500 étudiants et parents pour s’informer des filières et connaitre notre établissement, les visiteurs sont très surpris par la qualité de nos installations et le dynamisme et la vie de notre campus.

Justement qu’est-ce qui fait que l’afflux des étudiants sur l’Ecole augmente d’année en année ?
L’ESAA vient d’être classée ce mois d’aout 2019 par EDUNIVERSAL dans le top 10 africain en termes de qualité de sa formation EXECUTIVE MBA.
Je crois que l’ESAA a bien construit sa réputation et son prestige, sur une base objective de rigueur, de sélectivité et d’excellence.
Les études qu’elle prodigue se font d’une manière sérieuse, avec une sélectivité importante et une rigueur qui dure depuis sa création, il y a de cela 15 ans. A ce propos, j’aimerai souligner l’évènement de célébration du 15ème anniversaire de l’Ecole, prévu le 31 octobre prochain. Nous avons invité, à cette occasion, l’ensemble des anciens directeurs de l’ESAA et nous allons convoquer les Alumni (anciens étudiants) pour élire le bureau représentatif des anciens et essayer de lancer, en même temps, l’application de gestion des anciens de l’ESAA, cette journée est importante dans la vie de l’école, elle représente une capitalisation importante.

Qu’en est-il de votre relation avec les entreprises économiques et les institutions ?
Tout l’effort consenti par l’Ecole va au profit de l’économie nationale. Nous sommes là pour former les futurs dirigeants de l’économie algérienne. Je ne cesse de répéter que l’ESAA est une école publique de droit algérien à but non lucratif qui répond aux besoins de l’économie nationale et régionale. D’ailleurs, actuellement, nous sommes en contact avec des responsables institutionnels, notamment ceux de notre ministère de tutelle, à savoir le ministère du Commerce, pour arrêter des programmes d’enseignement qui répondent aux besoins de l’entreprise algérienne et les défis actuels liés notamment à l’export. Même quand nous avons des partenariats étrangers nous les inscrivons en priorité dans une logique de développement des territoires, d’ailleurs nous travaillons en ce moment avec la CCIMP (Chambre de Commerce et d’industrie de Marseille) membre du conseil d’administration de l’ESAA à assoir cette logique de codéveloppement, l’ESAA demeure une école avec un ancrage locale très fort et une grande ouverture sur le monde.

De nouvelles offres sont en perspective alors ?
Je ne peux pas détailler ici nos projets, mais je peux vous dire que nous sommes en train de développer des offres de formation qui obéissent aux besoins de l’économie algérienne, à la lumière des priorités de développement national, et en collaboration avec les institutions, tout en gardant cette flexibilité et efficacité.
Nous avons dans le conseil d’administration une partie institutionnelle et une partie entreprise, ce qui nous permet de faire le rapprochement entre l’offre de formation de l’Ecole et les besoins du marché. L’université algérienne fait un travail extraordinaire, mais n’a pas cette opportunité. C’est pour cela que je pense que l’ESAA est là pour assurer une certaine complémentarité avec une autre configuration en matière de gouvernance. Aussi, l’un des éléments qui nous permet d’être proches des entreprises, publiques et privées, c’est le fait d’organiser régulièrement au sein de l’Ecole des évènements à travers des Forums, des conférences et autres rencontres qui permettent aux étudiants de rester connectés au monde des affaires. Pour ce faire, nous essayons d’avoir les meilleurs programmes, d’avoir les meilleurs partenaires à l’image d’Audencia Business School pour ce qui est du diplôme Executive MBA qui dispose de la triple accréditation, et avec qui nous travaillons sur des projets de développement de l’écosystème favorable à l’innovation et au digital. Nos étudiants viennent de divers horizons, ce sont des cadres d’entreprises publiques, privées et des multinationales.

Vous dites que l’Ecole est à caractère non lucratif. Mais vous réalisez quand même un chiffre d’affaires. Peut-on avoir une idée de son évolution ?
Notre chiffre d’affaires est en évolution d’année en année. Mais il faut savoir qu’il est réinvesti en effort d’infrastructures et surtout d’enseignement, nous avons des enseignants résidents, les meilleurs dans leurs domaines, et d’autres non-résidents aux standards internationaux pour maintenir notre qualité d’enseignement et une grande ouverture sur le monde.

Est-ce la raison pour laquelle certains trouvent que les études à l’ESAA sont chères ?
Elles ne sont pas chères, c’est un a priori. L’ESAA a sur les masters et licences les tarifs les moins chers par rapport à toutes les écoles payantes, et avec la meilleure qualité. Les Algériens sont exigeants et intelligents et ne veulent pas payer pour une qualité relative. Dès que quelqu’un visite l’école, découvre le campus, ses programmes, ses professeurs et la qualité des enseignements comprendra et saura qu’il paye le juste prix.
H. N. A.

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