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Le marché mondial du tourisme estimé à 200 milliards d’euros : L’Algérie veut sa quote-part

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La Méditerranée est la première destination touristique mondiale, générant annuellement, depuis au moins dix années, des rentrées d’argent avoisinant les 200 milliards d’euros. C’est-à-dire que l’Algérie doit réussir à tirer son épingle du « jeu de l’attraction », dans un marché annuel de l’ordre de 200 milliards d’euros, qui profite surtout à l’Espagne, l’Italie, l’Egypte, la Turquie, le Maroc et la Tunisie.

Pour sa nature très diversifiée, son climat et son soleil essentiellement favorables au tourisme, la chaleur des peuples méditerranéens, pour la beauté de ses paysages, pour ses sites naturels, archéologiques, humains et historiques, pour son héritage culturel, mais aussi sa situation géographique entre plusieurs cultures, peuples, climats, continents et mers, la Méditerranée domine le tourisme mondial, et de ce fait, suscite toutes les convoitises et alimente tous les appétits. Les stratégies de puissance se surpassent en ingéniosité pour mettre, de toute évidence, le pactole de leur coté.
Avec une superficie de 2 381 741 km2, c’est le plus grand pays d’Afrique, du monde arabe et du bassin méditerranéen. Il partage au total plus de 6 385 km de frontières terrestres, avec la Tunisie au nord-est, la Libye à l’est, le Niger et le Mali au sud, la Mauritanie et le Sahara occidental au sud-ouest, et enfin le Maroc à l’ouest. Au nord, le long du littoral méditerranéen, ses plages s’étendent sur plus de 1600 km, avec, à Cherchell, Tigzirt, Bejaia, Tipaza, Collo, Oran, Jijel, Skikda et Annaba, de véritables joyaux naturels. Au sud, Tam, Abalessa, Tanezrouft, l’Ahaggar, Illizi, etc. De quoi reprendre du nerf à une époque de récession généralisée.
La chute des revenus pétroliers a plongé l’Algérie dans une situation peu réconfortante : d’un coté l’Etat doit diversifier ses ressources financières, et d’un autre coté, il craint de puiser dans les réserves en sa possession, et qui peuvent fondre comme neige sous le soleil.
Les deux secteurs qui sont là et prêts à relever le défi, sont incontestablement le tourisme et l’agriculture, mais le pays est en retard dans le premier comme dans le second, malgré les promesses et les richesses naturelles dont regorge l’Algérie.
Si l’on prend en ligne de compte le tourisme à Ouargla, qui captait bon an, mal an jusqu’à 1 million de touristes étrangers, on reste sidéré par le recul enregistré. Jugez-en : seulement quelque 31.642 touristes, dont plus de 1.016 étrangers, ont visité la wilaya d’Ouargla, pour toute l’année 2017. Au sortir de l’été, donc pratiquement la fin des vacances et de ce fait, de la période propice au tourisme, on n’aurait pas dépassé les 100 000 touristes, quoi qu’on en dise.
Très séduits par ces chiffres pourtant très dérisoires mis en rapport avec les potentialités et le passé touristique de la région, on demeure serein : « Le tourisme saharien a connu cette saison, tout comme la précédente, une relative relance, avec l’accueil d’un flux de près de 4.000 touristes étrangers, notamment dans le tourisme d’affaires, en plus d’autres dans le cadre du tourisme religieux qui enregistre une bonne affluence de visiteurs, nationaux et étrangers, vers les lieux de culte et zaouïas, à l’instar de la zaouia Tidjania dans la commune de Témacine, a fait savoir le même responsable.
En réalité, le tourisme ne peut progresser en l’absence d’objectifs clairs et hors contexte politique et géostratégique. A plusieurs reprises, l’Algérie a été pointée du doigt par les grandes capitales occidentales comme étant une destination dangereuse. Souci pour leurs ressortissants ou stratégie de déstabilisation, après avoir contribué à la baisse des prix du baril de pétrole ? Le temps seul le dira clairement, bien que les signes confirment la seconde hypothèse…
L’agriculture au Sahara, plus qu’à la Mitidja, a démontré des aptitudes insoupçonnées à sortir le pays entier de son incapacité chronique de s’autosuffire ? Mieux, des particuliers ont pu exporter et ramener des devises en Algérie.
Toutefois, il reste à tracer des objectifs clairs et à définir des lignes de conduite que tous emprunteront. Pour le moment, on évalue, on spécule, on discoure, on affiche optimisme ou, au contraire, pessimisme, mais on reste loin de retrousser les manches dans un élan national salutaire. Pourtant, l’Alger veut aujourd’hui sa part du marché mondial du tourisme, une part qui lui revient de droit…
Achour Nait Tahar

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