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Pr Samia Taright, chef de service de pneumologie au CHU Mustapha : « Les jeunes sont assez matures pour nous aider à lutter contre ce virus»

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Mme Samia Taright est Professeur chef de service de pneumologie au CHU Mustapha Bacha et enseignante à la faculté de médecine d’Alger. Depuis l’apparition des premiers cas d’infection par le virus COVID-19 dans le pays, elle mène un combat quotidien contre cette maladie et n’a pas cessé d’alerter, notamment ses étudiants, sur la nécessité de continuer à sensibiliser toutes les franges de la société sur le danger de cette pandémie et les moyens de s’en protéger. Pour elle, même s’ils ne sont pas sur les bancs des campus, les étudiants ont un rôle primordial dans la lutte contre la propagation du virus et la sensibilisation des citoyens.

Par B. Titem

Comment les hospitalo-universitaires ont réagit à l’apparition des premiers cas de contamination par ce virus de Covid-19 ?
Dès les premiers jours de l’apparition de l’épidémie dans le pays, nous avons décidé, nous les hospitalo-universitaires, de lancer parallèlement à la prise en charge hospitalière, un travail de vulgarisation et de sensibilisation. Nous sommes allés notamment à la rencontre des étudiants, avant qu’ils ne partent en vacances, où nous leur avons présentés, dans le cadre de la démarche « assurance qualité » des conférences pour parler du COVID-19 et surtout de la prévention contre la propagation de ce virus. Les doyens des facultés, les secrétaires généraux et les enseignants ont assisté, aux cotés des étudiants à ces conférences et ont participé aux débats. Il est vrai qu’on ne peut pas toucher l’ensemble des étudiants à travers des conférences pareilles, mais c’est une démarche qui sera étendue à l’avenir à l’ensemble des universités. Nous avons cependant demandé aux présents de transmettre le message. Des fiche sur le COVID-19 ont été également élaborées pour permettre aux gens d’être plus informés sur ce qu’est cette maladie, comment reconnaître un cas et comment se protéger.

Quelles ont été globalement les interrogations soulevées autour de cette maladie ?
Les gens voulaient essentiellement savoir comment reconnaître la maladie, comment peut-on s’en protéger et comment guérir. Ils étaient également curieux de connaître notre avis par rapport à ce qu’ils ont lu sur les réseaux sociaux quant à l’efficacité des thérapies traditionnelles à base d’ail, gingembre ou autres aliments. Il y avait beaucoup de questions, si bien qu’on n’a pas eu le temps de répondre à toutes les interrogations. On leur a demandé alors de rédiger leurs questions sur des bouts de papiers qu’on a pris ensuite avec nous pour y répondre plus tard.

Comment peut-on inciter les jeunes à participer au travail de lutte contre cette maladie ?
Les jeunes sont assez matures et peuvent d’eux-mêmes participer à la sensibilisation et venir aider à la diffusion du bon message. Ils peuvent aller dans les endroits où il y a des rassemblements de personnes et les sensibiliser sur la nécessité de se protéger à travers le respect de la distanciation social et l’adoption d’un bon nombre de règles d’hygiène. Mais à l’hôpital, pour le moment, le circuit est déjà mis en place et les personnels sont mis à contribution, avec une organisation de prise en charge bien définie.

Au plan pédagogique, y a-t-il eu une mise à jour des programmes d’enseignement de manière à les adapter à l évolution épidémiologique des maladies ?
Il y a une refonte des programmes qui est mise en place. Mais le propre des études médicales c’est de ne pas attendre l’ordre des institutions pour mettre à jour les enseignements. Nous, les enseignants de médecine, de pharmacie et de médecine dentaire, à chaque fois qu’il y a une nouveauté scientifique, nous l’introduisons.
Cette nouveauté est introduite avec l’accord de l’ensemble des enseignants de la matière ou du module. Nous travaillons sur la base de la médecine fondée sur les preuves, laquelle nous permet de rédiger des guides et des recommandations. Dans notre pratique, nous adoptons les recommandations émises à l’échelle internationale, adaptées à l’Algérie et nous n’attendons pas qu’on nous dise de le faire.
Et cela relève de l’éthique de notre part d’introduire de façon continue les nouveautés scientifiques, dans le domaine de la microbiologie, de la virologie ou autre. Je dirai même que c’est une obligation.
B. K.

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