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Christophe LECOURTIER, DG DE BUSINESS FRANCE : «L’Algérie est une valeur sûre pour nous»

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Le Directeur Général de Business France, rencontré en marge de la première édition du «Forum Ambition Africa 2018» qui s’est tenu les 22 et 23 octobre écoulé au siège du ministère Français de l’Economie et des Finance à Paris, revient dans cet interview sur la relation économique algéro-française tout en exprimant la volonté de la France de renforcer sa présence en Afrique en s’aventurant dans des pays qui lui sont jusque-là méconnus mais dont le climat des affaires « est plus pro-business ».

Interview réalisée par notre envoyé spécial à paris Nadir Allam

Il y a quelques années, Business France avait des bureaux uniquement à Alger, Tunis et Johannesburg et le Maroc. Aujourd’hui, vous en avez dans une dizaine de pays africains, ce qui exprime un plus grand intérêt pour tous les pays du continent. Quel regard portez-vous dans ces conditions sur l’Algérie et le marché algérien ?
L’Algérie est toujours un marché qui intéresse la France. A chaque que nous organisons une manifestation en Algérie, elle rencontre beaucoup de succès. Aussi bien du coté des entreprises algériennes que du coté des entreprisses françaises. L’Algérie est pour nous une valeur sûre, quelque chose qui ne se dément pas même si les conditions d’investissements en Algérie ne sont pas toujours les plus faciles ou les plus ouvertes parmi les pays de la région. Ceci dit, nous devrions conjuguer notre intérêt pour ce grand pays avec les lois et les règlements qu’il souhaite mettre en place ou maintenir.

Quand vous parlez de l’Afrique, on a l’impression que c’est d’un bloc monolithique qu’il s’agit. Est-ce que vous avez une stratégie globale pour tous les pays ou vous tenez compte des spécificités de chacun d’entre eux ?
Au contraire, on essaie d’avoir une stratégie dans dix pays qui soient très adaptés aux réalités qui sont très différentes d’un pays à un autre. L’Algérie est un grand pays par sa dimension, ses vastes territoires et sa grande relation avec la France. On ne peut pas par exemple la comparer à certains pays comme ceux des grands lacs, ou ceux d’Afrique australe. Mais, c’est à nous de sortir des valeurs sûres que sont l’Algérie, la Côte-d’Ivoire, la Tunisie, le Maroc, etc., pour nous aventurer dans d’autres marchés où nous avons tout à apprendre et où personne ne nous attend. Je pense entre autres aux pays de l’Afrique de l’Est et de l’Ouest où prévalent des contextes très pro-business hérités de la période britannique. Pour réussir ce challenge, nous avons des équipes spécialisées. Je suis aujourd’hui très content parce que nos 75 collaborateurs présents en Afrique sont très représentatifs de la grande diversité qu’il y a en Afrique.

Est-ce que la désintégration ou la non-intégration économique de l’Afrique ne vous pose pas de problèmes ?
On appelle de nos vœux tous les processus d’intégration au niveau de l’Union africaine et des organismes régionaux. Mais on considère que chaque marché, par la démographie et le dynamisme économique qu’on y trouve, est assez important. Business France est un organisme très microéconomique. En réalité, ce qui nous intéresse, c’est de comprendre quels sont les besoins dans un marché économique donné, de voir si les entreprises françaises peuvent répondre à ces besoins et, si c’est le cas, de les amener en Afrique sur place et de les accompagner.

L’Algérie a pris ces derniers temps certaines mesures pour limiter les importations et a clairement exprimé sa volonté d’aller vers un autre type de partenariat basé sur l’investissement avec les entreprises étrangères. Est-ce que les entreprises françaises, notamment les PME, sont prêtes à venir investir en Algérie ?
C’est à l’Algérie de définir d’abord la politique économique qu’elle souhaite mettre en ouvre. C’est à l’Algérie aussi de définir le cadre qui permettra à cette politique de réussir. J’entends par là que l’Algérie veut se doter d’une industrie et c’est normal. Mais c’est à l’Algérie de dire ce qu’elle veut et c’est à nous de nous adapter. Toutes les opportunités intéressantes nous intéressent. On a vu d’ailleurs récemment l’ouverture de la nouvelle Usine Sanofi, ainsi que les autres usines, notamment Renault, Lafarge, etc.  Je pense que tout ce que l’Algérie fera pour renforcer l’environnement des affaires lui permettra d’atteindre cet objectif d’industrialisation. C’est un jeu de mise en relation entre ses objectifs et ses moyens.

Est-ce que vous avez des attentes particulières du coté algérien ?
L’Algérie intéresse les entreprises françaises pour différentes raisons liées notamment à l’histoire, aux populations, la proximité, etc.  Donc, tout ce qui permet à l’Algérie de s’ouvrir aux investissements avec la France est extrêmement bienvenu et souhaitable. n
N. I.

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