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Défis économiques : Tebboune met le curseur sur le plus grand impératif de l’heure

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Après deux conclaves dédiés au développement des collectivités locales et des instructions fermes de soulager les nombreuses zones d’ombre que décompte le pays, le Président de la République , Abdelmadjid Tebboune, a mis le curseur sur le plus grand impératif de l’heure, à savoir la relance effective de l’économie nationale, sans laquelle aucun programme ne serait fiable.De ce point de vue, la «Conférence nationale sur le plan de relance pour une économie nouvelle», tenue mardi 18 août et présidée par le Chef de l’Etat, revêt-elle une importance capitale.

Par Azzouz Koufi

D’abord par la richesse du panel convié à la rencontre qui a dénombré 400 participants dont une partie de la sphère d’influence sur le plan socio économique, à l’instar du patronat, syndicats, économistes et banquiers et ensuite par les orientation pragmatiques du Président, portées sur un ton de sincérité qui a marqué les esprits de tous les présents ainsi que des résolutions expurgées de toute démagogie.

«Mobilisons- nous pour sauver notre pays !» a clamé le premier magistrat du pays dans un langage de cœur, dont il n’hésite, désormais plus à utiliser, ajoutant que «Nous sommes tous du même côté de la barricade, personne ici n’est plus patriote que l’autre, nous devons sauver notre pays qui se trouve aujourd’hui face un tournant décisif», a-t- il martelé, non sans assurer que la volonté politique existait chez des autorités disposées à «aller très loin dans l’aide des acteurs économiques sincères et patriotes», dira-t -il encore.
Ne pouvant s’empêcher de faire, à nouveau, un réquisitoire contre un système économique fondé sur la rente pétrolière, en ce que ce choix «a tué toute forme d’initiatives», notera- il. Le président Tebboune interpelle son auditoire sur un dilemme qu’il faudrait assumer, disant à ce propos qu’ «Il est vrai que le changement de modèle économique, en passant d’une économie rentière à une économie diversifiée a été pendant des années un slogan creux, mais désormais ce ne sera plus le cas: où on passe aux actes en diversifiant notre économie en sortant de l’addiction aux hydrocarbures ou on va droit dans le mur !».
Pleins feux sur un nouveau paradigme ? Abdelmadjid Tebboune évoque l’effort de l’Etat à venir, soit «une enveloppe de 1.900 milliards de dinars est disponible et à laquelle pourrait être ajoutée une rallonge conséquente de 12 milliards de dollars pour accompagner cette transition économique qui, assène ne doit plus être un slogan creux», a-t-il révélé ; rejetant dans la foulée, et malgré une situation économique difficile, l’idée de tout endettement extérieur «avec le FMI, la Banque mondiale, où même les pays amis», a-t-il tranché.
Dans cette optique, il se fait rassurant, en soutenant que «Nous avons des réserves de changes de 57 milliards de dollars, nous tablons sur des revenus pétroliers d’environs 24 milliards de dollars pour l’année 2020, c’est une mauvaise année pétrolière , mais avec un pétrole qui se situe bon an mal an autour de 40 dollars, alors que notre budget est calculé sur un prix de baril de pétrole à 30 dollars en plus des 27 milliards de dollars de l’agriculture», dira-t-il, concluant que «la situation est difficile, mais gérable» a professé le Président.

Ouverture des transports aérien et maritime au privé, banques à l’étranger, des quasi tabous cassés
Abordant, lors de son allocution, à l’ouverture de la conférence nationale sur le Plan de relance pour une nouvelle économie, des thèmes quasiment tabous jusque- là, le Président de la République a fait part de sa disposition à cautionner la création de banques privées et de compagnies de transport aérien et maritime de marchandises et de voyageurs, en Algérie, soulignant qu’il ne verrait aucune objection à cela.
«Je ne vois aucune objection, aujourd’hui, à ce que des investisseurs privés créent des compagnies de transport aérien et maritime de marchandises et de voyageurs ainsi que des banques», dira-t- il en substance.
Rappelant, ensuite, que la facture annuelle des services de transport s’élevait à 12,5 milliards USD, dont 3,4 milliards USD pour les frais du transport maritime de marchandises, le Président a appelé les investisseurs et les entreprises économiques à œuvrer à leur réduction, jugeant «primordial de trouver une solution à cette situation en vue de réduire les transferts en devises».
Evoquant le secteur bancaire dont il a qualifié le système de «simples guichets publics», appelé à être forcément révisé, Abdelmadjid Tebboune
Concernant le secteur bancaire, le Président de la République a laissé entrevoir d’y ouvrir des fenêtres, s’interrogeant, en conclusion : «Qu’est ce qui empêcherait la création de banques privées? Et, pourquoi pas, en partenariat avec des banques publiques?». Alea jacta est ?
A. K.

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