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D’importants investissements lancés dans le secteur des mines : Le décollage

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Les perspectives du secteur minier algérien sont immenses. Le gouvernement veut accroitre considérablement les capacités de production du secteur et sa contribution au Produit intérieur brut pour répondre au triple objectif de satisfaire la demande nationale, dégager des excédents à l’export et permettre un afflux de recettes en devises. Et pour ce faire, l’Etat a décidé de se donner les moyens de sa politique et annonce d’ores et déjà quatre gros projets structurants dans le domaine des mines. Ils sont aussi stratégiques que déterminants. Car, d’une pierre deux coups, par ces projets, dont l’ambition étant d’accroitre la production et de valoriser le minerai localement avant de l’exporter, le pays entend accélérer la diversification de l’économie et des ressources en devises et, à terme, jouer dans la cour des plus grands exportateurs mondiaux de produits miniers. Dans une interview accordée au magazine Injazat, le ministre de l’Energie et des mines, Mohamed Arkab, souligne à juste titre qu’à travers le plan d’action 2020-2024 lancé par son département, « l’Algérie ambitionne de développer son secteur minier national pour accélérer le processus visant la diversification de son économie, centrée essentiellement sur l’industrie pétrolière et gazière ». Selon le ministre, les actions lancées dans le cadre dudit plan visent « la mise en place de toutes les conditions pour assurer l’attractivité du secteur et l’encouragement de l’investissement à travers notamment la refonte du cadre législatif et réglementaire régissant les activités minières, la mise à disposition des investisseurs des informations de qualité relatives à la cartographie géologique et l’inventaire minéral pour stimuler l’exploration minière, mais également à travers l’intensification de l’effort de recherche minière par la participation active des investisseurs privés, nationaux et étrangers ». Grâce au projet de phosphate intégré (PPI), fruit d’un partenariat entre Asmidal, le groupe Manal (Manadjim Al-Djazair) et les deux entreprises chinoises Wuhuan et Tian’an, l’Algérie entend se faire une place de choix sur le marché mondial des engrais phosphatés. Il s’agit de créer toute une chaine de valeurs autour des deux gisements de phosphate Djebel Onk et Bled el Hadba, d’une capacité de 2,5 milliards de tonnes, et en produire 5,4 millions de tonnes par an de produits phosphatés. Même principe pour les gisements de Zinc-plomb d’Oued Amizour et Tala Hamza, situés à Béjaia, qui devraient donner naissance à toute une zone d’activité autour des deux mines, où une usine y sera mise sur pied pour la valorisation du minerai. Le projet, fruit d’un partenariat avec l’Australien Terramin, est d’une capacité de production de 170.000 tonnes de concentré de zinc par an. Le potentiel minier exploitable de ce gisement est évalué à 34 millions de tonnes. Le secteur minier accélère également dans l’exploitation artisanale des mines d’or et entend passer rapidement aux travaux pratiques qui consistent en l’exploitation effective de la mine de fer de Gara Djebilet, un des plus importants gisements de fer à ciel ouvert au monde. Ses réserves sont évaluées à 3 milliards de tonnes. A terme, une fois le projet aura atteint sa vitesse de croisière, l’Algérie ambitionne d’atteindre « une capacité d’extraction annuelle de 50 millions de tonnes de minerai de fer », précise le ministre de l’Energie et des mines. La réalisation des installations nécessaires à l’exploitation de ce gisement exige un investissement de 1 à 1,5 milliards de dollars/ ans sur une période de 8 à 10 ans, soutient Mohamed Arkab. Ces investissements, et d’autres en cours d’exécution et/ou d’étude, permettront à l’Etat d’accélérer son plan de marche vers la diversification de l’économie et réduire son indépendance aux hydrocarbures. Le sous-sol algérien regorge de ressources et de substances minérales qui pourraient faire de l’Algérie un acteur mondial de produits miniers. 26 projets de recherche sont actuellement en cours à l’ORGM, filiale du groupe Manal, pour identifier et démystifier les ressources existantes sur plusieurs substances. Ce programme de recherche minière, qui s’étale sur la période 2021-2023, bénéficie d’un investissement global de 4,8 milliards, dont 1,8 milliard était prévu pour le seul exercice 2021. Un second travail est actuellement en cours au niveau de l’ASGA (Agence du service géologique de l’Algérie) et qui consiste à faire l’inventaire des ressources minérales au moyen d’images aériennes. L’objectif étant de mettre à jour la cartographie géologique de l’Algérie. Mais d’ores et déjà, les précédentes études ont révélé l’existence d’importantes réserves en plusieurs substances minérales et terres rares qui, à terme, feraient de l’Algérie un acteur minier par excellence. Pour développer le secteur minier et traduire par des actes la politique de l’Exécutif en faveur des mines, le groupe industriel Manal, dont la force de frappe est constituée d’une dizaine de filiale, entend y procéder par deux phases. La Première porte sur la nécessité de pallier toute importation de produits miniers dont les ressources existent en Algérie, en stimulant fortement les niveaux de production afin de satisfaire le besoin national et équilibrer la commerciale minière et, par-dessus tout, la balance des paiements en faisant économiser au pays d’importantes ressources en devises. La deuxième phase consiste en l’exploitation à grande échelle de l’ensemble du potentiel minier de l’Algérie, en créant d’importantes chaines de valeurs autour des gisements et dégageant des marges substantielles à l’export. Le pays pourra ainsi prendre d’importantes parts de marché à l’international et sera en position d’acteur non-négligeable sur ce même marché.
H. N. A.

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