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Dominique de Villepin, ancien Premier ministre français plaide pour un partenariat algéro-français «très fort» : «L’union fait la force»

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«Ne dit-on pas que l’union fait la force» et face à la concurrence du géant chinois, cette union est plus qu’indispensable pour renforcer les partenariats économiques, condition sine qua non, pour préserver ses intérêts sur un marché où de sérieux concurrents se compte par centaines. C’est l’idée même que l’ancien Premier ministre français, Dominique de Villepin a développé et transmis aux responsables politiques et partenaires économiques algériens lors de sa visite deux jours en Algérie effectuée les 27 et 28 mars écoulé. Dominique de Villepin croit au couple algéro-français. Selon sa vision, les deux pays pourraient développer une coopération économique «plus forte» sur le plan bilatéral, régional et continental, notamment sur le marché africain, soulignant que l’Algérie dispose d’une place «privilégiée» à prendre dans cette perspective.

Par Achour Nait Tahar

«Il y a trois axes de développement qui chacun à sa manière, peut être un moyen d’approfondissement et de réinvention de la coopération économique algéro-francaise pour structurer les efforts à l’avenir, d’abord sur le plan bilatéral, régional et également continental», a indiqué Dominique de Villepin lors d’une conférence organisée par le Forum des chefs d’entreprises (FCE), dont il était l’invité. Intervenant devant un panel d’opérateurs économiques, à leur tête, le président du FCE, Ali Haddad, l’ancien Premier ministre français, a souligné que le premier axe concerne «l’importance» pour la France et Algérie de «valoriser» leurs deux marchés nationaux, qui «sont étroitement liées, et qui offrent des perspectives mutuelles et des intérêts partagés».
Le second axe, selon lui, il s’agit de l’espace méditerranéen qui offre «plusieurs perspectives économiques à saisir à travers des partenariats exemplaires entre Algérie et la France».
Le troisième axe cité par Dominique de Villepin s’agit du continent africain où l’Algérie et la France pourraient développer une réflexion commune vis-à-vis de l’investissement dans ce continent qui offre un marché de 1 milliards d’individus actuellement, 2,5 milliards en 2050 et 4,5 milliards en 20100. «La perspective africaine est un enjeu pour toutes les nations qui veulent s’inscrire dans le développement continue de l’Afrique et Algérie dispose d’une place privilégiée à prendre dans cette perspective», a-t-il insisté. Parmi les secteurs renfermant de fortes potentialités de coopération économique entre Algérie et la France, Dominique de Villepin a notamment cité les infrastructures, les transports, l’énergie, les ressources halieutiques, le tourisme, et les énergies renouvelables. Dans ce sens, il a évoqué la nécessité pour l’Algérie et la France d’œuvrer ensemble à l’avenir pour faire face à la cooccurrence mondiale, notamment celle de la Chine sur le continent africain. Les deux pays doivent, a-t-il dit, également travailler pour un monde multipolaire, fondé sur l’égalité et les équilibres stratégiques, politiques et économiques, soulignant qu’après la chute de l’Union soviétique, marquant la fin à la bipolarité menée par les Etats-Unis et l’URSS, le monde se dirige vers une autre bipolarité composée des Etats-Unis d’une part, et la Chine de l’autre.
Dominqiue de Villepin, a appelé, par ailleurs, les opérateurs économiques à dépasser «les contraintes idéologiques et politiques» existantes et profiter plutôt des atouts comme la proximité géographique, les liens historiques, et la langue partagée entre les deux pays, pour créer des «partenariats fructueux», soulignant que «l’absence d’une volonté politique constitue souvent une contrainte pour l’économie à travers le monde entier».
L’ancien Premier ministre français a également suggéré des partenariats triangulaire associant des opérateurs des deux pays à d’autres opérateurs d’un pays tiers, estimant que la mondialisation offre de nouvelles perspectives à saisir, tout en préservant les intérêts de chaque partie, ajoutant que l’Algérie et la France doivent à moyen terme «marquer des points» à travers des projets communs «exemplaires» pour restaurer la confiance et donner l’exemple à suivre pour les nouvelles générations. Dans ce sillage l’hôte du FCE a appelé les responsables des deux pays à accélérer la mise en place du Fond d’investissement algéro-francais, annoncé lors de la dernière visite du président français en Algérie, en décembre 2017, permettant de financer les investissements des algériens qui souhaitent investir en France et vice versa, notamment dans des domaines de coopération identifiés par les deux pays.
Dominique De Villepin a également appelé à «plus d’ouverture» du marché algérien afin d’être «plus attractif» aux investissements étrangers, soulignant que l’Algérie dispose de «potentialités majeures» dans différents secteurs qui pourraient être «mieux exploitées» avec des partenaires étrangers.

Xavier Driencourt souligne l’utilité du Fond d’investissement algéro-francais pour les entreprises des deux pays
Présent à la conférence, l’ambassadeur de la France en Algérie, Xavier Driencourt, a souligné que le Fond d’investissement algéro-francais prévu, permettra aux PME françaises d’investir en Algérie, mais également aux entreprises algériennes d’investir en France, «ce qui changera le regard des français vis-à-vis des algériens, qui seront plutôt vus comme des investisseurs et des créateurs d’emplois». Xavier Driencourt a également précisé que ce Fond permettra aux entreprises des deux pays de s’associer pour investir ensemble dans le marché africain, permettant de renfoncer davantage les liens économiques entre les deux pays.
A. N. T.

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