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Karim Bibi Triki, ministre de la Poste et des Télécommunications : « Plus grandes sont les réalisations, plus grands sont les défis »

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Karim Bibi Triki, ministre de la Poste et des Télécommunications partage avec nous, dans cette interview, les réalisations remarquables du secteur des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) en Algérie au cours des trois dernières années. Multiplication des débits internet, expansion du réseau de la fibre optique, croissance exponentielle du paiement électronique sont autant de réalisations qui s’étendent sur un pays-continent qui a connu une transformation numérique exceptionnelle. Cependant, le ministre de la Poste et des Télécommunications souligne que ce succès ne doit émousser les bonnes volontés, mais conduire plutôt à une exploitation optimale du potentiel du secteur pour le bien-être des citoyens et l’essor, autrement plus grand, de l’économie nationale.

Interview réalisée par Hacène Nait Amara

Quels progrès le secteur des nouvelles technologies de l’information et de la communication (TIC) en Algérie a-t-il réalisés au cours des trois dernières années ? Pouvez-vous dresser un bilan des objectifs déjà atteints dans ce domaine stratégique et indiquer les réalisations restant à accomplir à court et moyen terme ?

Après trois ans, le moment est opportun de parler bilan. Les progrès réalisés dans notre secteur doivent être situés par rapport au plan d’action visant la concrétisation des engagements de Monsieur le Président de la République, notamment en matière de numérisation et de transformation numérique. Nos objectifs intermédiaires ont été atteints et parfois même dépassés, ce qui nous rend optimistes quant à l’atteinte des objectifs fixés pour fin 2024.

A titre d’exemple, nous nous sommes engagés à augmenter le débit minimal, nous l’avons multiplié par 5 en un temps record. Nous nous sommes engagés à augmenter la bande passante internationale, nous l’avons multipliée par 6. Nous nous sommes engagés à passer de 3,5 millions à 6 millions de foyers raccordés à l’Internet fixe, nous sommes à 5,4 millions de familles abonnées à l’internet fixe. Nous nous sommes engagés à généraliser la fibre optique jusqu’au domicile (FTTH), nous sommes passés d’environ 53.000 foyers à plus d’un million de familles connectées. En matière de paiement électronique, nous sommes passés de 6 millions de porteurs de la carte de paiement électronique « EDAHABIA » à plus de 12 millions. Le nombre d’opérations de paiement électronique via EDAHABIA est passé de 5 millions d’opérations en 2020 à près de 60 millions cette année, dont 60% via l’application BaridiMob.

Depuis 2020, et malgré les contraintes engendrées par la pandémie du Covid-19, l’Algérie a réalisé un saut qualitatif et quantitatif dans la modernisation et le développement de son infrastructure TIC, renforçant ainsi ses capacités technologiques et économiques.

Ceci étant dit, la satisfaction que nous ressentons ne doit pas nous pousser au relâchement.  Bien au contraire, nous savons aujourd’hui ce que notre secteur renferme comme potentiel et capacités, et nous comptons bien les exploiter pour les bénéfices de nos concitoyens et notre économie. C’est l’occasion pour moi de réitérer ma reconnaissance et considération pour les efforts consentis par tous les employés du secteur.

Vous venez d’évoquer la récente réalisation d’Algérie Télécom, qui a atteint son millionième foyer raccordé à l’internet en fibre optique jusqu’au domicile (FTTH) ? Quelles sont les prochaines étapes prévues dans le développement de ce secteur spécifique ?

Au-delà de la symbolique, atteindre le premier million sur n’importe quel marché et dans n’importe quel domaine est un indicateur puissant sur les capacités de mobilisation des ressources et de conduite stratégique. Actuellement, la technologie FTTH est déployée au niveau des 58 wilayas. Un double effort est consenti par Algérie Télécom pour connecter ceux qui ne le sont pas encore, et moderniser la connexion de ceux qui sont sur l’ADSL pour les faire basculer sur le FTTH.

Notre ambition, nous l’avons dit à maintes reprises, est de généraliser le FTTH à tous les foyers algériens qui souhaitent être raccordés. Cela permettra non seulement d’augmenter la qualité de l’Internet offert en réponse aux besoins exprimés, mais cela permettra aussi et surtout à notre pays de se positionner dans une posture proactive qui anticipe les besoins futurs dont nous voyons déjà les prémices. L’Algérie est, d’ailleurs, l’un des rares pays africains et arabes ayant atteint le seuil d’un million de foyers abonnés en FTTH.

Le déploiement généralisé de la technologie FTTH est un choix stratégique qui s’inscrit dans une démarche prospective pour anticiper les besoins du pays dans le domaine de l’Internet à moyen terme. Elle est considérée comme l’une des dernières technologies dans le domaine de l’Internet fixe, permettant à nos citoyens de bénéficier de multiples services et applications, notamment les plus exigeants en termes de qualité et de vitesse d’Internet, ainsi que d’accompagner les capacités créatives de notre jeunesse et de nos startups.

Pour dire les choses autrement, le FTTH généralisé est un choix stratégique qui nous permettra d’accueillir les technologies du futur sereinement et avec une capacité immédiate d’en exploiter les opportunités.

La numérisation complète de l’administration est une priorité cruciale pour les pouvoirs publics. Quelles mesures votre secteur prévoit-il de mettre en place pour accélérer ce processus stratégique ?

Notre secteur est tenu d’assurer une infrastructure performante et résiliente qui permet à tous les secteurs de réaliser leur transition numérique sur des bases solides. Evidemment, nous sommes conscients que dans un domaine aussi mouvant que le nôtre, il n’y a pas de place pour le relâchement et l’autosatisfaction. Je suis persuadé qu’à peine nos objectifs de 2024 atteints, d’autres enjeux se profileront à notre secteur. Il s’agit donc d’une dynamique qu’il faudra soutenir en permanence car les domaines technologiques se réveillent tous les jours sur de nouvelles exigences et d’innombrables innovations.

Dans un tel monde, l’enjeu pour toute organisation qu’elle soit privée ou publique, est d’exploiter les moyens technologiques disponibles à un instant «T» afin d’accroitre sa performance. C’est ce que font nos startups aujourd’hui et c’est ce qu’ont réussi à faire certaines entreprises et certaines administrations.

La transformation numérique a besoin d’une assise technologique que nous nous engageons à améliorer constamment, mais elle doit être accompagnée d’une culture de management moderne et d’une volonté d’aller de l’avant afin d’être compétitif non pas dans le monde d’aujourd’hui seulement, mais aussi dans celui de demain.

Comment le secteur des Postes et Télécommunications en Algérie contribue-t-il à stimuler la dynamique économique du pays, notamment en termes de création d’emplois et de croissance économique ?

Notre secteur contribue au développement de l’économie de l’Algérie d’abord en assurant une infrastructure performante et en l’améliorant continuellement comme je l’ai expliqué. Pour ce qui est de la création d’emplois, les entreprises du secteur attachent un point d’honneur à faire participer les jeunes algériens à travers leurs micro-entreprises ou startups, et cela au niveau des 58 wilayas du pays. Pour ne citer qu’un exemple, un plan de charge de près de 10 milliards de DA a été confié à des micro-entreprises qui ont contribué au raccordement d’un million de foyers au FTTH. Aussi, les plans d’action des opérateurs du secteur pour la mise en œuvre de la feuille de route tracée ont résulté à une augmentation significative des investissements et de la valeur ajoutée créé par le secteur.

Quelles initiatives spécifiques votre ministère prend-il pour améliorer l’environnement digital en Algérie, favorisant ainsi l’adoption des technologies numériques par les entreprises et les citoyens ?

Comme déjà mentionné, notre secteur compte, particulièrement, sur l‘approche intersectorielle et la coopération quant à la promotion de l’adhésion des algériens à l’usage des TIC.

C’est dans cette optique, et sur le plan institutionnel, que plusieurs conventions ont été conclues entre les opérateurs du secteur et des établissements relevant des autres secteurs, notamment celui de l’Education Nationale portant sur le paiement électronique via la carte EDAHABIA, et en ligne sans déplacements aux bureaux de poste, des droits d’inscription aux examens, ainsi que pour l’acquisition des livres scolaires.

Une autre convention à citer comme exemple, celle concrétisée avec le secteur de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, permettant aux étudiants de s’acquitter des droits d’inscriptions universitaires, en ligne également. Initiative qui s’est soldée par un franc succès, la plateforme monétaire d’Algérie poste a traité plus de deux (02) millions d’opérations pour la rentrée universitaire 2023-2024.

Le secteur de la Poste et des Télécommunications contribue aussi à l’amélioration de l’environnement digital et à l’encouragement de l’utilisation des moyens technologiques modernes, à travers les services de paiement en ligne des factures de consommation d’eau, de gaz et électricité, de téléphone et internet (fixe et mobile), et des loyers pour les bénéficiaires des logements.

De quelle manière le secteur des Postes et Télécommunications soutient-il le développement des start-ups en Algérie ?

Notre secteur contribue à favoriser le développement d’un écosystème économique qui répond aux standards internationaux et qui permet à n’importe quel opérateur économique privé ou public, national ou étranger, d’envisager ses opérations en comptant sur des technologies fiables et performantes.

Par leur nature intrinsèque axée sur l’innovation et la technologie, les startups sont les entités les plus exigeantes en infrastructures TIC mais se sont aussi celles qui en bénéficient le plus. L’essor du secteur des startups en Algérie s’inscrit dans la dynamique impulsée par les hautes autorités du pays, qui ont conféré en substance, dans l’approche de diversification de l’économie nationale, la priorité à la promotion des projets de notre jeunesse innovante. Nous accompagnons et soutenons les efforts du secteur de l’économie de la connaissance, des startups et des micro-entreprises, par le développement d’une infrastructure TIC capable de répondre aux attentes et besoins en perpétuelle croissance, de ces porteurs de projet.

Nous sommes conscients du rôle extrêmement important que joue l’infrastructure des technologies de l’information et de la communication et par l’Internet en tant que levier du développement social et économique de chaque pays. C’est d’ailleurs ce qui ressort de l’insistance de Monsieur le Président de la République sur l’accélération des processus de numérisation. Nous continuons donc à œuvrer pour renforcer les capacités de ces infrastructures et à améliorer les services de communication et de l’Internet, et ainsi contribuer avec les autres départements concernés, c’est-à-dire tous les départements, à réaliser la transformation numérique et à généraliser les usages des technologies de l’information et de la communication dans les divers domaines et dans tous les segments de notre société dans notre vaste pays.

H. N. A.

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