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SES RENCONTRES AVEC LA PRESSE METTENT EN AVANT UNE REACTIVITE PEU COMMUNE : Le Président Tebboune, huit mois après

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Huit mois après son investiture à la tête du pays, le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, fait montre d’une réactivité peu commune, voire inédite en Algérie.

Par Noufel Bousshaki

Et en dépit d’une crise sanitaire tout autant inédite, générée par la pandémie du coronavirus, ses interventions devenues traditionnelles en Conseil des ministres, sa réactivité sur le moindre événement national, heureux ou malheureux, sur ses comptes sociaux et ses tours de table, régulièrement tenue, avec la presse contrastent avec la posture quasi mutique des gouvernements passés et l’absence, navrante de la communication officielle.

Le patriotisme comme étendard
Surtout cette omniprésence sur la scène nationale du Président rassure et rassérène sur plusieurs plans, alors que le pays demeure sous les turbulences de la crise sanitaire qu’il vit mais aussi sous le spectre d’un activisme politique qui ne s’épuise pas.
Dans ce contexte, le chef de l’Etat trace au marqueur la notion du patriotisme à promouvoir quand, durant sa rencontre avec les représentants de la presse nationale, tenue mi juillet, il souligne que
«L’objectif de l’Algérie Nouvelle est le salut de la patrie, qui est un devoir national et un droit pour tous les Algériens, et tout un chacun est le bienvenu pour contribuer à sortir de la situation que vit le pays et mettre fin à la mentalité de l’exclusion pour la simple raison d’un changement dans le poste de responsabilité», assurant que c’était là l’objectif auquel il œuvrait.

La société civile, un rôle axial
Dans ce même ordre d’idées, il a rappelé sa résolution à «rétablir la cohésion entre le peuple algérien», plaidant pour une rupture définitive entre le passé et le présent «en vue de construire un avenir qui soit le prolongement du présent», dira-t-il.
Le tout passe par un «changement structurel du nouvel Etat», à travers «une nouvelle Constitution qui tire les enseignements de toutes les précédentes pour être consensuelle et pérenne», mettant en avant l’impératif de parvenir à des lois garantissant la moralisation de la vie politique et économique, mais aussi à des décisions économiques institutionnelles transparentes et pérennes aussi, permettant aux citoyens de contrôler les deniers publics.», explique-t-il.
Dans sa vision pour mener à terme sa stratégie globale, Abdelmadjid Tebboune, qui avait refusé toute étiquette partisane dans sa course à l’élection présidentielle du 12 décembre 2019, table sur la société civile et le mouvement associatif, qu’il qualifie de «cœur battant» de la société dans la prise en charge des problèmes quotidiens du citoyen.

L’Etat social, un graal à atteindre
Et il ne s’en cache pas, avouant miser sur la société civile «pour son honnêteté et je crois en le mouvement associatif qui s’intéresse au quotidien des citoyens», a-t-il asséné à ce propos, se disant «fier de tous ces jeunes qui activent bénévolement, en sacrifiant leurs weekends, au service des malades ou pour la protection de l’environnement» a encensé, encore, le président de la République.
Dans le même sillage, Tebboune pointe le curseur sur l’Etat social pour lequel il œuvre à édifier. «Un Etat fort qui consacre la justice et préserve les droits des faibles. Un Etat social garantissant l’égalité des chances, combattant la pauvreté et veillant à la répartition équitable du revenu national», définit- il, prévenant que «les disparités sociales sont ‘’une bombe à retardement’’ menaçant l’unité nationale».
Il prendra le temps de s’étaler sur le sujet, mettant l’accent sur l’impératif de lutter contre toutes les formes de corruption portant atteinte au pays et au citoyen à la fois et, en premier lieu, la corruption qui «affecte directement le citoyen, victime de chantage pour un droit», a-t-il déploré.
Aussi, le premier magistrat du pays a-t-il exhorté le citoyen à dénoncer tout dérapage et à défendre ses droits dans le cadre de la loi.
Définissant l’Etat social comme «un Etat fidèle à ceux qui se sont sacrifiés pour l’édification d’un Etat juste qui combat la pauvreté» et mettant en exergue «l’impératif de la répartition équitable du revenu national entre les citoyens», Tebboune s’offusque de ce que «l’obtention d’un sachet de lait soit une épreuve pour le citoyen ni qu’il soit obligé de vivre dans des taudis alors qu’une autre catégorie de citoyens bâtit des demeures décentes pour que leurs enfants vivent convenablement », a-t-il tonné, vent debout.
Et de faire observer que «la majorité des citoyens ne demande pas la fortune mais simplement la préservation de leur dignité», a-t- il soutenu, rappelant que son programme reposait, justement, sur la préservation de la dignité du citoyen et «ambitionne l’émergence d’une nouvelle génération à travers l’égalité des chances pour tous les Algériens».
Plus particulièrement, il a insisté, dans ce même contexte, sur la nécessité d’ouvrir «la voie aux 200.000 diplômés annuellement afin qu’ils puisent s’engager dans la vie politique et de constituer une nouvelle génération d’entrepreneurs afin de donner un nouveau souffle aux instances élues et à l’économie».
Abordant le chapitre crucial de l’économie, l’hôte de la presse nationale a tenu, d’abord, à réitérer son refus catégorique de recourir à l’endettement extérieur ou au financement non conventionnel, du reste, assurant que la disponibilité des capacités financières permettait la mise en œuvre du plan de relance de l’économie nationale, soutenant que «Les 60 milliards de dollars de réserves de change sont suffisants pour une relance», a-t-il avancé.
Tebboune a surtout axé, à ce niveau, sur «des changements radicaux» à venir, afin de libérer l’économie nationale, ayant comme fondement la ressource humaine, de «la mentalité rentière» et lui permettre d’être créatrice de richesse et de favoriser la compétitivité et l’innovation. Ainsi appréhendée, la vision du président de la République entend focaliser sur la création d’un solide tissu de petites et moyennes entreprises (PME) sous-tendu par un réseau de startups innovantes et de micro-entreprises, a-t-il expliqué, ajoutant que ce tissu «sera la locomotive de l’économie nationale à l’avenir». Dans cette optique, il n’a pas manqué, non plus, de souligner la détermination de l’Etat à réduire à 20% la dominance des hydrocarbures sur l’économie nationale d’ici fin 2021, avançant que «l’appui de secteurs tels que l’agriculture et les startups, parallèlement au contrôle de l’importation anarchique sont à même de contribuer à la diversification économique escomptée», a-t-il estimé. En tout état de cause, le Président a pris note de la rencontre prévue les 16 et 17 août, à son initiative, et consacrée au Plan de relance socioéconomique. Un conclave de première importance où un panel d’experts va plancher sur la plateforme devant consacrer une économie basée sur l’innovation et la diversification.
N. B.

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