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Hamid Bakli, CEO de CapCowork : «Nous assistons à la naissance d’un véritable Startup Act made in DZ»

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Un incubateur ou bien l’accélérateur est nécessaire voir vital dans le processus de création de startups. Dans cet entretien accordé au magazine Indjazat, Hamid Bakli, CEO de l’incubateur «CapCowork», livre de plus amples explications avec force détails sur le rôle que joue un incubateur dans la vie d’une startup. Il a également livré son constat concernant l’environnement dans lequel évolue la startup algérienne, estimant que l’organisation de la conférence nationale des startups «Algeria Distrup 2020» le 3 octobre 2020 est un front succès, de par les annonces ayant été faite lors de cet événement. Suivez-le…

Entretien réalisé par Hacène Nait Amara

On parle beaucoup, ces derniers temps, des incubateurs en tant que structures d’aide à la création des start-up, mais en quoi cela consiste plus exactement ?
Si l’on devait expliquer ce qu’est un incubateur (ou accélérateur), l’on pourrait dire qu’il s’agit d’une structure destinée à l’accompagnement de projets de création d’entreprises innovantes. L’incubateur peut apporter un appui en ce qui concerne l’hébergement, la formation, le conseil et le financement, lors des premières étapes de la vie de l’entreprise. Si l’on devait résumer, on pourrait le comparer à une Grande Ecole de formation pour les startups. On y distingue principalement deux types de services. Le premier concerne le service logistique (Internet, casier personnel, CEDEX (sur demande), imprimante/photocopie, café/thé, espace détente, espace cuisine, salle de réunion, salle de formation/séminaire, secrétariat et gestion du courrier, réseautage)
Quant au second, il concerne le service d’incubation. Pour les porteurs de projets sélectionnés pour l’incubation (incubés), un espace en open space est offert gratuitement afin qu’ils puissent travailler en toute sérénité. Ensuite, viennent se greffer des services à la demande selon le degré de maturité du projet – ces services sont proposés prioritairement aux incubés mais peuvent aussi être proposés aux clients externes selon la demande. Parmi ces services on compte : Formation (gestion d’entreprise, comptabilité et finances, langues, codage, MVP/BMC etc.), un coaching personnalisé, des conseils et une assistance en investissements, un accompagnement personnalisé à la création d’entreprise et un conseil spécifique dédié « startup ecosystem », l’accès aux études en organisation, étude de marchés et sondage, le soutien d’experts technique selon l’objet du projet (TIC, Financier, Energie, etc), l’organisation ou la participation à des évènements, la mise en réseau avec des acteurs à l’international et surtout le conseil juridique et l’assistance à la protection des brevets.
Nous pouvons également proposer d’autres services selon la demande après étude de la faisabilité afin que le porteur de projet puisse, en fin de parcours, présenter un projet très abouti et suffisamment convaincant lors de la « soutenance » (Pitch) devant le comité des investisseurs dans la phase levée de fonds.

CapCowork existe déjà depuis deux ans en tant qu’incubateur offrant aux porteurs de projet une multitude de services. Pouvez-vous nous dresser un bilan succinct des activités de cette structure ? Selon vous, comment convaincre un jeune porteur de projet à intégrer un incubateur ?
Il faut savoir que nous travaillons beaucoup avec notamment les clubs scientifiques des grandes écoles/universités au niveau national grâce à la compétition Algeria Startup Challenge que nous co-organisons ainsi qu’avec les principaux acteurs de l’innovation dans le cadre du Cluster RALIAI (Réseau Algérien des Incubateurs et Acteurs de l’innovation). Nous sommes donc assez actifs et contributifs dans le process de la construction de l’écosystème de l’entrepreneuriat innovant. C’est principalement sur cette dimension « pédagogie », partage et diffusion de l’information de ce dernier que nous travaillons afin de pouvoir expliquer à tous les jeunes intéressés par nos activités de l’existence de structures de soutien en leur faveur. Une startup échappe au schéma classique de l’entreprise et répond à des standards très spécifiques reconnus à l’international. Il y a donc un grand travail de pédagogie à mener sur le terrain. Nous travaillons d’ailleurs également avec les membres de notre belle Diaspora afin de bénéficier de leur expérience et c’est toujours avec un engouement non dissimulé que ces derniers, qu’ils soient en Angleterre, au Canada, aux USA…etc acceptent de partager leur savoir et leurs réseaux. Bâtir un écosystème de ce genre prend du temps et nous voyons depuis peu un réel engouement notamment de la part des pouvoirs publics à l’organisation et au soutien de ce dernier (Ministère de startup, Startup Act Algérie, labellisation des startup, Algerian startup Fund etc). La jeunesse algérienne n’a pas à rougir par rapport à celles d’autres contrées, bien au contraire et c’est toujours une cause de grande satisfaction de voir nos jeunes des quatre coins du pays, montrer un talent certain. Ils n’hésitent d’ailleurs pas à poser des questions, participer aux séminaires et autres formations que nous donnons, viennent visiter nos espaces afin de s’informer sur nos activités. C’est d’ailleurs ce que nous leur proposons en premier lieu. Venez nous visiter, observez et apprenez à nos côtés. Nos portes sont toujours ouvertes pour accueillir la jeunesse innovante et c’est en discutant et partageant que, d’eux-mêmes, ils se rendent compte de la complexité de ce monde particulier et se rendent compte bien souvent d’eux-mêmes si leur projet est bien unique et génial ou si il s’inscrit dans une autre démarche telle que celle proposée par l’ANSEJ par exemple.

Avez-vous constaté une évolution dans l’environnement de la création d’entreprise en Algérie ?
Oui tout à fait. Après des années d’incertitude et d’erreurs, nous constatons récemment un véritable renouveau de l’environnement de l’entrepreneuriat dans son ensemble. Preuve en est la création de ce Ministère bicéphal dédié à la fois aux micro-entreprises, à la startup et à l’économie de la connaissance. Une véritable nouveauté non seulement en Algérie mais également à l’échelle du continent. Pour ce qui nous concerne, nous constatons depuis la création de ce Ministère Délégué, un dynamisme certain et le nombre de décisions et de dispositifs pris en si peu de temps sont là pour en attester. La conférence «Algéria Disrupt 2020» a été pour nous une cause de contentement puisqu’elle a correspondu, dans ses grandes lignes, à répondre à nos principales attentes. Autre fait nouveau, la volonté affichée de ce Ministère de verser dans l’inclusion de toutes les parties prenantes à l’écosystème et c’est d’ailleurs bien souvent que nous sommes appelés à participer à des réunions afin de discuter des sujets qui nous préoccupent et d’agir en qualité de force de proposition. Phénomène suffisamment nouveau pour le souligner.

Quelle lecture faites-vous des recommandations de la conférence sur les start-up «Algeria Disrupt 2020» tenue le 03 octobre écoulé à Alger ?
C’est un message très fort des pouvoirs publics à l’adresse non seulement des professionnels du secteur et des startuppeurs, mais également à destination de la communauté internationale qui scrute avec attention les changements dans les paradigmes de base de l’économie algérienne. Particulièrement dans ce contexte particulier de crise multidimensionnelle en local et à l’international. Le fait que le Ministre délégué aux startup ait réussi à organiser pareil événement dans ce moment trouble de l’histoire suite à la pandémie que nous vivons, sous l’égide des plus hautes autorités du pays à leur tête le Président de la République et le Premier ministre est déjà un grand succès. Au-delà des contingences purement politiques propres à chaque nation, les messages délivrés au cours de cette conférence ont été très forts et l’annonce de la création des dispositifs d’accompagnement de la jeunesse innovante est très prometteur. Ce sont les fondements d’un véritable « Startup Act » made in DZ qui a été présenté durant cette rencontre et toute la communauté ne peut que se réjouir de la création du label Startup, de celui des incubateurs, du Algeria Startup Fund, du Tech Hub Algeria-Venture et de tant d’autres mesures qui visent l’organisation et la consolidation de la « Algeria startup Nation » en devenir.
C’est donc pour nous, et pour tous ceux qui oeuvrent à l’établissement d’un écosystème de l’entrepreneuriat innovant, une vraie cause de satisfaction et nous travaillons d’ailleurs de concert aux côtés des autorités en charge du secteur pour son amélioration. C’est à terme la mise en lumière de tout le talent de la jeunesse algérienne qui est en jeu et nous restons confiants dans le fait que d’ici quelques années, notre pays deviendra un pilier important de cet écosystème non seulement à l’échelle continentale mais également à celle mondiale. Nous en avons non seulement la ferme volonté mais également et surtout les moyens dorénavant avec les annonces faites durant Algeria Disrupt.
H. N. A.

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