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Introduction des énergies renouvelables dans le système de production d’électricité : Un grand tournant

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L’intérêt de l’Algérie aux énergies renouvelables ne date pas d’aujourd’hui, ceci étant, Sonelgaz a mis en place des mini-kits solaires, dans plusieurs régions éloignées, dans le grand sud algérien, début des années 1990, visant à sédentariser les populations de ces localités.

Par Lynda Mellak

’électrification des villages dans les régions éloignées du grand sud algérien (habitations et infrastructures d’accompagnement) est très difficile, voire impossible dans certains cas. Ceci est principalement dû à l’éloignement, et la dispersion de ces villages, avec un nombre de foyers très réduit.
Ainsi, le programme d’électrification par énergie solaire des 20 villages du sud a vu le jour en application de l’arrêté interministériel relatif à l’alimentation en énergie électrique, des localités isolées du 13/09/1995, du contrat de raccordement en électricité photovoltaïque des centres à alimenter dans le cadre du programme d’électrification rural pour la période 1995-1998. Le montant alloué par l’Etat à ce programme, s’élevait alors à 719 MDA, puis a été augmenté de 269 MDA. Il a servi à alimenter 18 villages par l’énergie solaire sur les 20 villages prévus. Le projet des 343MWc, qui constitue un extrait de la première phase de déploiement du programme national des énergies renouvelables, constitue un cas d’école, non seulement pour la société SKTM, mais également à l’ensemble des intervenants dans le processus, gestionnaire du réseau de transport, les sociétés de distribution, l’opérateur du système électrique, les autorités locale…etc, pour ne citer que ceux-là. Et qui commencent à appréhender les problématiques liées aux énergies renouvelables.
La société SKTM a placé des contrats de réalisation de 23 centrales en filière photovoltaïque, technique fixe poly cristalline, à l’entame de l’année 2014, après un appel à manifestation d’intérêt international ayant touché une trentaine de leaders mondiaux dans la filière photovoltaïques avec les opérateurs chinois et allemands.
Les opérateurs chinois se sont vu confiés les lots hauts plateaux est (Batna, Souk Ahras, Setif, Bourdj Bouararidj et Mila), centre (M’sila, Djalfa, Laghouat et Ouargla), le pôle In Salah-Adrar-Timimoun (Adrar, Kabertène, Aoulef, Reggane, Zaouyet Kounta, In Salah et Timimoun) , ainsi que les trois (03) centrales RIS (Réseaux Isolés du Sud) implantées à Tindouf, Djanet et Tamanrasset, soit une puissance de 258MWc, alors que le lot hauts plateaux ouest (Sidi Belabes, Saida, Nâama et El Bayodh) est revenu au constructeur allemand, soit une puissance de 85MWc.
Il importe de noter, que l’ensemble des centrales sont achevées et sont actuellement raccordées aux réseaux, dont la première à être connectée au réseau est celle de Djanet en février 2015, et la dernière, celle de Batna en décembre 2017. Ainsi, les premiers projets ont permis de découvrir des insuffisances pour savoir combler les lacunes du démarrage, ce qui est bénéfique pour tous les intervenants dans le processus, pour mieux faire lors de la réalisation des projets à venir, grâce à l’expérience et les enseignements tirés de ces premières réalisations. La formation des ressources humaines et le transfert du savoir et de la technologie, et enfin, la conscience de l’ensemble des intervenants quant à l’importance capitale des énergies renouvelables dans le devenir énergétique des nations.
Il demeure important d’affirmer que ces centrales solaires photovoltaïques raccordées aux réseaux, contribuent déjà à la satisfaction de la demande en électricité, dans une certaine mesure, dans les hauts plateaux et dans les localités du grand sud algérien. La production cumulée des ouvrages EnR à fin 2017 est de 780,730 GWh. Mais non seulement, ces ouvrages de production d’un autre genre, permettent à la collectivité de réaliser des économies énormes de combustible (fuel et gaz naturel : 265 620 893,89 m³ de gaz naturel et 26 137,93 m³ de gasoil à fin 2017) et d’éviter l’émission de dizaines de milliers de tonnes de CO² dans l’atmosphère (602 081,25 tonnes cumulé à fin 2017).
Il faut ajouter également, que la réussite de ces premiers projets, a été le fruit d’une synergie, instaurée entre la société SKTM appuyée par le Ministère de l’Energie et la maison mère Sonelgaz, représentant le monde industriel, et le monde de la recherche et du développement, représenté par les universités et les centres de recherches, moyennant la signature de plusieurs conventions de coopération scientifique et technologique, couronnées. Cette coopération est traduite sur le terrain par des visites scientifiques d’étudiants et de chercheurs dans les ouvrages de SKTM, permettant ainsi de passer à une autre dimension de la recherche dans le domaine des énergies renouvelables.
Certaines de ces centrales sont entrées en exploitation depuis déjà trois années, ce qui a permis à SKTM de cumuler un savoir-faire et compétence supplémentaire dans le domaine de la gestion et de la maintenance des ouvrages EnR, notamment le monitoring par un système intelligent, permettant de suivre les paramètres d’exploitation et les éléments météorologiques en temps réel.
La maintenance de ces centrales se fait par un système de nettoyage des modules, acquis dans le cadre des contrats de réalisation, dans le but de maintenir les panneaux propres, et garantir un productible maximum. Cependant, les centrales implantées dans le grand sud, exigent un planning de nettoyage fréquent, en raison des soulèvements de sable.
Sonelgaz a lancé 50 MWc en zoût 2019, à travers sa filiale SKTM, pour l’hybridation de 09 sites de production (Conventionnel/solaire photovoltaïque), avant la fin de l’année 2018.
Les 09 centrales permettront à leur réception de produire 77GWh/an, l’économie de 20 600 tonnes de gasoil/an, et d’éviter le rejet de 60 000 tonnes de CO2 annuellement.
L. M.

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