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Meghlaoui Nabil, PDG de l’Enasel : « Nous travaillons d’arrache pied pour pénétrer le marché africain »

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Considéré comme étant le plus grand opérateur algérien spécialisé dans la production et la commercialisation de sel alimentaire et industriel, l’Enasel créée en 1983, s’apprête à lancer de nouveaux produits, comme le sel de grade pharmaceutique et les pastilles de sels raffinés pour le traitement des eaux. Son PDG, Meghlaoui Nabil affiche, dans cet entretien accordé au magazine Indjazat, l’ambition de conquérir le marché à l’international, notamment en Afrique où l’entreprise prospecte actuellement de nouvelles opportunités d’affaires. Elle se plaint, cependant, de manque de moyens de transport adaptés à ses besoins. Explications.

Interview réalisée par Lyes Mechti

L’Entreprise nationale du sel (Enasel) compte parmi les plus importants opérateurs algériens dans la production et la commercialisation du sel alimentaire et industriel. Pourriez-vous nous présenter votre société notamment sur le plan des capacités de production et de déploiement à l’échelle nationale ?
L’Enasel est une entreprise publique Spa appartenant au Groupe Manal SPA ( Manadjem el Djazair). Elle arrive à extraire 400 000 tonnes de sel tout venant par An et fait le traitement et le conditionnement pour une capacité de 100 000 à 110 000 tonnes par an de sel alimentaire, mais aussi de sel industriel pour une capacité annuelle de 70 000 à 80 000 tonnes par an. Nous couvrons ainsi 50 à 60 % des besoins nationaux et nous arrivons aussi à exporter de petites quantités. Nos exportations auraient été plus importantes s’il n’y avait pas cette contrainte de transport, puisque notre gisement de sel le plus important se trouve à 500 km du port de Djen Djen à Jijel.

L’entreprise nationale des sels (Enasel) a entamé, récemment, l’exportation de 9.600 tonnes de sel à destination du Niger. Etes-vous désormais pleinement investis dans l’activité de l’exportation ? Quels sont vos objectifs sur ce créneau ?
Ce n’est pas notre première année d’exportation. Nous avons déjà exporté notre sel en 2015 et 2016, notamment vers la Côte d’Ivoire. Mais la principale contrainte à laquelle nous faisons face demeure le transport. Les tarifs du transport en conteneurs sont excessivement chers. Nous sommes actuellement en train de développer des contacts avec des clients en Mauritanie et au Sénégal car deux nouvelles lignes maritimes desservent ces deux pays. Nous travaillons d’arrachepied pour pénétrer le marché africain. Nous avons eu une expérience au Niger où nous avons exporté du sel industriel. Mais notre objectif est de placer des quantités importantes en sel alimentaire, sachant que l’Afrique consomme beaucoup ce produit, que se doit le gros sel  ou le sel fin.

Afin de lever les contraintes logistiques que vous évoquez, n’avez-vous pas pensé à nouer un partenariat avec le groupe Logitrans ?
Effectivement, le groupe Manal a conclu une convention cadre avec Logitrans pour assurer le transport par voie routière, notamment vers le Niger. Mais leurs cotations sont très élevées surtout que le sel ne peut supporter beaucoup de charges c’est un produit à faible valeur ajoutée,  le transport maritime à travers des navires en cargo est le meilleur moyen pour transporter la marchandise conditionnée en Big bag, beaucoup plus profitables pour nous et pour les clients.

Avez-vous ciblé des marchés africains bien précis ?
Oui. Nous ciblons actuellement le marché ivoirien nous sommes en pourparlers avec des anciens clients pour essayer de les convaincre de reprendre leurs importations de sels alimentaires et par ricochet nous nous gagnerons des parts de marché plus importantes.

Le marché africain est donc demandeur..
Absolument. Les populations africaines consomment beaucoup de conserveries qui demandent énormément de sel. De plus, les gisements de sel n’y sont pas exploités, à part le fleuve sénégalais qui est exploité par une société française.

Tout en développant l’axe de l’exportation, Enasel est parvenue également à fabriquer certains produits jusqu’ici importés, dont le sel de grade pharmaceutique et les pastilles de sel raffiné pour le traitement des eaux. Pouvez-vous nous en parler ?
La réalisation de ce projet a eu lieu durant les années 2015 et 2019.L’entrée en production en 2020 de la raffinerie. Le sel de grade pharmaceutique que propose enasel à ses partenaires répond aux exigences des normes internationales en la matière notamment la pharmacopée européenne, américaine et même japonaises, il n’a rien à envier à celui  à celui importé par les opérateurs Algériens à des coûts excessifs.
Pour ce qui est de la pastille à base de sel raffiné, de grande pureté, nous n’arrivons pas à répondre à toutes les demandes du marché local, c’est la raison pour laquelle enasel a prévu mais d’autres investissements pour mettre en place de nouvelles installations à l’effet de faire face à la demande nationale , arrêter carrément l’importation et se tourner vers les  marchés étrangers.

Comment l’entreprise se porte-t-elle financièrement ?
La situation financière de l’entreprise est bonne. Malgré l’effet de  rembourser l’emprunt qui a servi à la réalisation de la raffinerie et la mise à niveau des salins. Nous  arrivons quand même à tenir une situation de trésorerie équilibrée.

Cela fait plusieurs années qu’Enasel contribue à l’approvisionnement du secteur pharmaceutique en intrants nécessaires à son fonctionnement. Quels sont les produits et les installations de l’Enasel dédiés aux intrants pharmaceutiques et quelles sont les statistiques-clés de cette activité ?
Cela remonte à l’année 2003 où l’Enasel a commencé à alimenter le secteur pharmaceutique en sel. Malheureusement, la qualité du produit ne répondait pas aux normes.
Aujourd’hui, nous sommes parvenus, une nouvelle fois, à  proposer un sel de grade pharmaceutique qui répond parfaitement aux exigences de l’industrie pharmaceutique (pharmacopée). Nous sommes actuellement en phase des tests préindustriels et Industriels Dans le but d’homologuer nos produits et de concrétiser le partenariat public-privée conformément aux directives des pouvoirs publiques.

Peut-on connaitre vos clients dans ce domaine ?
Pour le moment, nous sommes en relation avec l’entreprise IMC. Des contacts   sont pris avec Saidal aussi, sans passer toutefois à la phase test.

Pour ce qui est des sels alimentaires, quelles sont les parts de marché d’Enasel et ses résultats dans ce créneau ?
Je dois dire d’abord que ce créneau connait beaucoup de pratiques commerciales frauduleuses. L’Enasel arrive à placer 60% de la demande Nationale et les 40% restants sont issus de du marché parallèle (fraude fiscale, qualité produits, …. etc )., si on se réfère aux statistiques des Douanes algériennes, on constatera qu’il n’y a que l’Enasel qui importe l’iodate de potassium élément essentiel pour la production du sel alimentaire conforme à la Norme Algérienne. Les autres producteurs sont en train d’importer ce composé chimique de façon frauduleuse, tout comme ils sont en train d’ioder le sel alimentaire de manière contraire à la réglementation. La norme Algérienne en la matière a arrêté un taux et, par moment, nous constatons l’absence totale de l’iode chez la majeur partie des concurrents déloyaux et frauduleux. Il s’agit là d’un problème qui touche la santé publique et nous n’avons pas cessé d’alerter les autorités concernées pour mettre termes à ses pratiques et protéger le consommateur Algérien.

Justement, comment réagissez-vous face à cette concurrence qui n’hésite pas à mettre sur le marché des produits non conformes et à faible teneur en iode ?
Nous essayons d’alerter les directions de commerces (DCP) et les Directions de santé, mais nous ne pouvons pas nous substituer à l’Etat régulateur du marché et protecteur du consommateur Algérien. Il faut qu’il y ait un contrôle permanent des différents sels présents sur le marché.
Et c’est pour cela que l’enasel en sa qualité d’entreprise citoyenne compte distribuer gratuitement des kits de contrôle de la teneur en iode afin de procéder à des contrôles à priori.

Qu’en est-il de la qualité du sel produit par l’Enasel par rapport à ce qui est disponible sur les marchés étrangers ?
Le sel que nous produisons est soumis non seulement à un traitement spécifique, mais aussi à des analyses très avancées pour éliminer les métaux lourds pouvant engendrer des maladies.

Quelles sont les autres innovations et produits sur lesquels vous travaillez actuellement ?
Nous travaillons actuellement sur la diversification de notre gamme de produits avec l’amélioration du sel de bain. Qui est un sel à grosse granulométrie, parfumé et utilisé pour son effet relaxant, la pastille de sel pour lave-linge pour éliminer le calcaire et donner ,ainsi pour la protection de la résistance et des tambours, le sel pour lave-vaisselle , et le sel pour l’agriculture (pierre à lécher)…etc.

Quels sont vos plans d’investissement pour les années à venir ?
Nous comptons se lancer dans des projets de rénovation, modernisation de l’outil de production tout en œuvrant à placer le capital humain comme objectif principal de développement.
Nous allons nous lancer dans des projets de partenariat pour valoriser notre produit surtout dans l’industrie chimique.

Quel est actuellement le projet le plus important de l’Enasel ?
C’est celui de la raffinerie qui produit un sel de haute pureté, titré à 99,9% Na cl. Il rentre d’ailleurs dans le cadre de la production destinée au secteur pharmaceutique, à l’industrie des cosmétiques et agroalimentaire.

Qu’en est-il des gisements exploités par l’entreprise ?
Nous avons des gisements souterrains et des gisements formés à travers les lessivages des sols, comme celui du Chott Merouane à El-meghaier, un grand gisement à ciel ouvert d’une dépression de moins 30 mètres par rapport au niveau de la mer, produisant des quantités monstrueuses de sel..
H. N. A.

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