Il est des trajectoires économiques qui ne se lisent ni dans l’instantané ni dans le tumulte des commentaires hâtifs. L’Algérie fait aujourd’hui partie de ces pays qui ont choisi le temps long, la réforme progressive et l’investissement structurant pour redessiner leur avenir économique. Loin des slogans, c’est une dynamique de fond qui se déploie, portée par une volonté politique clairement affirmée : sortir durablement de la dépendance aux hydrocarbures et bâtir une économie productive, diversifiée et souveraine.
Les efforts consentis ces dernières années en matière de diversification économique commencent à produire des signaux tangibles. L’État a engagé des investissements structurants dans des secteurs appelés à jouer un rôle moteur dans la croissance et les exportations hors hydrocarbures. Le secteur minier, longtemps sous-exploité malgré son potentiel considérable, en est l’illustration la plus emblématique. Les grands projets miniers ne sont plus des promesses mais des réalités industrielles, capables de repositionner l’Algérie dans les chaînes de valeur régionales et internationales.
Le bilan dressé à l’issue de l’année 2025 s’inscrit dans cette logique de clarification. Il met en lumière une économie entrée dans une phase de transformation profonde, marquée par une dynamique d’investissement sans précédent, y compris étranger, avec plus de 300 projets impliquant des partenaires internationaux. Un chiffre qui, à lui seul, dément le récit d’une Algérie prétendument isolée et refermée sur elle-même.
« L’Algérie inscrit cette transformation dans une lecture lucide de son environnement régional et international »
La remontée progressive de la part de l’industrie dans le PIB, passée d’un niveau historiquement bas à près de 10%, traduit une réhabilitation assumée de l’acte productif. La politique de production nationale, après des années de désindustrialisation et d’importations tous azimuts, commence à recréer des écosystèmes industriels à l’échelle des wilayas. Le secteur pharmaceutique, avec un taux de couverture du marché national dépassant désormais 80%, illustre cette reconquête méthodique de la souveraineté économique.
À cette dynamique industrielle s’ajoute l’émergence d’un tissu entrepreneurial nouveau. Les start-ups algériennes, portées par une jeunesse formée et confiante, incarnent une autre facette de cette transformation. Avec plus de 13.000 start-ups enregistrées, dont certaines déjà reconnues à l’international, l’Algérie démontre que l’innovation et la technologie ne sont plus périphériques mais intégrées à sa vision économique.
On ne peut ignorer, dans cette lancée, la dimension institutionnelle de cette trajectoire. La poursuite des réformes de gouvernance, le renforcement du rôle du Parlement, la lutte affirmée contre la corruption et la protection des cadres intègres constituent le socle indispensable de toute transformation économique crédible. Une économie ne se hisse durablement que lorsqu’elle repose sur un État de droit effectif et une confiance restaurée entre institutions, investisseurs et citoyens.
Sur le plan social, la stratégie algérienne se distingue par le refus de sacrifier la cohésion nationale sur l’autel de l’ajustement économique. Soutien au pouvoir d’achat, revalorisation des salaires, politique ambitieuse de logement, investissements dans la santé, l’eau et l’éducation : ces choix traduisent une conception inclusive du développement, où la performance économique ne se dissocie pas de la justice sociale.
Enfin, l’Algérie inscrit cette transformation dans une lecture lucide de son environnement régional et international. Fidèle à ses positions de principe, elle conjugue souveraineté diplomatique, stabilité régionale et coopération équilibrée, convaincue que le développement économique durable ne peut se réaliser que dans une aire de prospérité et de paix partagées.
Par Hacène Nait Amara
