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Une exigence de cohésion nationale

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La protection du pouvoir d’achat n’est pas une simple variable de la politique économique. Elle engage la dignité des ménages, la confiance dans les institutions et l’équilibre social. En Algérie, l’État a fait le choix de ne pas abandonner le consommateur aux seules fluctuations du marché. Car la stabilité sociale ne saurait durablement coexister avec une dégradation incontrôlée des conditions de vie.

Certes, l’économie de marché favorise l’initiative et stimule la production. Mais ses mécanismes ne suffisent pas toujours à garantir des prix justes. Lorsqu’une succession d’intermédiaires multiplie les marges ou que la rétention de marchandises organise la rareté, le prix cesse de refléter les seuls coûts de production et de distribution. Il devient parfois l’expression d’un rapport de force dont les ménages supportent les conséquences.

C’est précisément dans ces zones de dérèglement que l’intervention publique prend toute sa légitimité. Non pour se substituer aux acteurs économiques, mais pour rétablir des règles loyales et sanctionner les comportements qui portent atteinte à l’intérêt général. La liberté du commerce ne saurait être confondue avec une liberté de spéculer sur les besoins essentiels. Et le profit, parfaitement légitime lorsqu’il rémunère le travail, l’investissement et le risque, perd sa justification lorsqu’il procède de la manipulation ou de l’abus.

Les décisions arrêtées lors du Conseil des ministres du 18 octobre 2026 s’inscrivent dans cette logique. Encadrement des intermédiaires, enquête sur les pratiques entourant les viandes importées, plafonnement envisagé de prix et de marges sur des produits de large consommation, contrôle quotidien décentralisé : l’État entend intervenir au plus près des dysfonctionnements. L’achat et le stockage d’excédents agricoles, mobilisables en période de tension, ouvrent également la voie à une régulation davantage fondée sur l’anticipation que sur la seule réaction.

En définitive, il est des domaines où l’État ne peut se contenter d’observer. La disponibilité des denrées essentielles et l’accessibilité de leurs prix touchent à cette exigence élémentaire de justice qui nourrit l’adhésion collective. Être au chevet du pouvoir d’achat, ce n’est pas contrarier l’économie : c’est veiller à ce qu’elle demeure au service de la société. Et rappeler que la cohésion nationale se construit aussi, chaque jour, dans la possibilité pour chacun de vivre dignement du fruit de son travail.

Par Hacene Nait Amara

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