Lorsqu’un certain nombre de faits s’ordonnent dans une même séquence, lorsqu’ils dessinent, de New York à Paris, de Nairobi à Niamey, d’Alger à N’Djamena, une ligne continue de reconnaissance, ils cessent d’être de simples épisodes. Ils deviennent les signes d’un retour, d’une présence, d’une autorité qui se reconstruit dans le langage même des institutions internationales.
Le premier de ces signes est le plébiscite d’Amar Bendjama comme prochain président du Conseil économique et social des Nations unies. À travers lui, c’est une voix algérienne qui est appelée à présider l’une des enceintes où se pensent les grands déséquilibres du monde : développement, dette, financement, sécurité alimentaire, climat. Ce choix consacre une diplomatie qui ne se contente plus d’énoncer des positions, mais entend organiser des convergences.
Vient ensuite la décision du GAFI de retirer l’Algérie de la liste des juridictions faisant l’objet d’une surveillance renforcée, dite liste grise. Ce retrait n’est pas une simple formalité financière. Il signifie que le pays sort d’une zone de suspicion normative qui pesait sur sa crédibilité, ses transactions, ses banques et ses relations avec les investisseurs. L’Algérie envoie ainsi le signal d’un État engagé dans la transparence et la sécurisation des flux financiers.
Dans le même mouvement, l’élection de l’Algérie au poste de deuxième vice-président du Bureau exécutif de l’Association des autorités anti-corruption d’Afrique donne une cohérence continentale à cette séquence. Après la normalisation financière, voici la reconnaissance d’un engagement dans la transparence et la lutte contre les flux illicites. Le message est clair : l’Algérie veut peser dans les mécanismes africains de gouvernance et de confiance institutionnelle.
Lorsqu’un certain nombre de faits s’ordonnent dans une même séquence, lorsqu’ils dessinent, de New York à Paris, de Nairobi à Niamey, d’Alger à N’Djamena, une ligne continue de reconnaissance, ils cessent d’être de simples épisodes
Cette présence africaine s’élargit encore avec l’obtention de nouveaux postes au sein des structures et mécanismes de l’Union africaine. L’Algérie ne limite pas son retour continental aux déclarations politiques ou aux dossiers sécuritaires. Elle investit les organes où se construit l’influence durable, là où les décisions se préparent, où les normes se discutent et où les priorités s’écrivent.
À cette architecture diplomatique s’ajoute une dimension environnementale. L’inauguration à Alger du bureau de l’Institut mondial pour la croissance verte, en présence de Ban Ki-moon, ancien secrétaire général de l’ONU, inscrit l’Algérie dans le registre de la transition verte, du développement durable et de la coopération climatique. Il s’agit de faire d’Alger un lieu de dialogue sur les nouvelles économies de la transition, au moment où le Sud global refuse d’en subir seul le coût.
Enfin, les faits énergétiques du mois donnent à cette séquence sa profondeur africaine et économique. La centrale de Gorou Banda, à Niamey, puis le projet de N’Djamena, illustrent une Algérie qui exporte un savoir-faire concret et utile. L’énergie devient langage de solidarité et instrument d’influence. Le mémorandum entre Sonatrach et VNG AG rappelle, lui, que l’Algérie regarde aussi vers l’Europe et les futurs équilibres énergétiques.
Pris ensemble, ces faits disent davantage qu’une succession de succès. Ils racontent un pays qui réapparaît dans les grammaires essentielles du monde : l’ONU pour le développement, le GAFI pour la confiance financière, l’Afrique pour la légitimité continentale, la croissance verte pour l’avenir, l’énergie pour la puissance utile. L’Algérie n’est pas seulement en train d’occuper des sièges ; elle recompose les termes de sa présence et pèse du poids qui a toujours été le sien.
H. N. A.
