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Hocine Rizou, PDG de la Holding COGEEC : « Nous ambitionnons d’être un champion national »

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Nouvellement installé à la tête de la Compagnie Générale d’Etude, d’Engineering et de Construction (COGEEC), Hocine Rizou revient, dans cet entretien, sur la création de cette holding dédiée exclusivement à l’EPC du Groupe Sonelgaz, autrement dit la réalisation de ces projets en clé en main et explique les raisons pour lesquelles le Groupe Sonelgaz fait de cet outil l’une de ses priorités. L’objectif à atteindre est de se doter d’un outil capable de prendre en charge tous ces projets de développement d’une manière intégrée, à savoir de la faisabilité du projet, en passant par les différentes étapes qui concernent l’étude, la réalisation et la mise en service. Eclairage.

Entretien réalisé par Hacène Nait Amara

Le groupe Sonelgaz a procédé, en juin dernier, à l’installation de deux holdings, dont la holding EPC dédiée à l’Engineering, le Procurement et la Construction. Qu’est-ce qui a motivé la création de cette nouvelle structure ?
Je tiens d’abord à dire que le Groupe Sonelgaz est un monument algérien. Il fait partie de l’échiquier économique, qui compte et qui va compter. C’est aussi une forte culture d’entreprise. Ensuite, pour ce qui est de la création de la Holding EPC, il faut savoir que le Groupe travaille sur son plan stratégique à l’horizon 2035. Ce plan esquisse les grandes lignes de ce que va être Sonelgaz dans le futur. C’est quand-même quelque chose d’extraordinaire. Ce projet permettra de faire de la Sonelgaz acteur régional majeur dans son secteur d’activité.
Nous sommes en train de finaliser un projet qui va nous éclairer et nous guider sur le devenir de ce Groupe. En clair, ce plan répond à la question de savoir comment le Groupe deviendra, à échéance, un champion régional. Le monde évolue très vite, dans un contexte en pleine transformation numérique où l’on parle de plus en plus de développement durable, de protection de l’environnement et, par voie de conséquence, d’énergie propre. C’est la raison pour laquelle nous avons esquissé un projet de développement axé sur trois points : la modernisation de la société, sa transformation digitale et la prise en charge d’une façon efficace et efficiente de notre projet de développement. Aussi, pour la première fois, dans son plan de développement, Sonelgaz affiche clairement son ambition d’aller à l’international. Sur le plan organisationnel, Sonelgaz a décidé de créer deux holdings car ses investissements sont énormes, soit de l’ordre de 1,5 milliard de dollars par an, et il faudrait optimiser ces investissements à travers la maitrise du management de projet, qui reste la clé de voute. Pour cela nous avons besoin d’une meilleure maitrise de l’engineering, de la construction et de l’activité proccurement. Nous avons besoin aussi de maitriser nos coûts et les délais de réalisation. C’est pour arriver à cet objectif qu’il a été décidé de réorganiser l’activité engineering et travaux en créant une holding EPC, société à caractère industriel et commercial ayant pour objet comme cela a été mentionné la prise en charge d’une façon efficiente les projets de développement de Sonelgaz et de s’attaquer au marché national et régional.

Comment expliquer aux lecteurs ce que signifie l’EPC ?
L’EPC est un concept général de réalisation de projets d’une façon intégrée, autrement dit, depuis l’idée du projet en passant par sa conception, ses différentes phases des études, sa réalisation jusqu’à sa mise en service.

La holding est-elle déjà opérationnelle ?
Nous pouvons dire, aujourd’hui, qu’on est en phase de finalisation de la création de la holding et nous avons déjà mis en place l’ébauche de la future organisation. Une fois que la création de la holding sera effective, nous allons procéder à sa validation par les organes de gestion et nous entamerons nos activités.

Et quelles sont, précisément, les missions qui lui sont attribuées ?
La holding EPC a pour mission principale tout d’abord de prendre en charge le programme de développement de Sonelgaz en réalisant ses projets en clé en main, c’est-à-dire de sa phase conception jusqu’à sa mise en service. Ensuite, nous ambitionnons bien sûr de prendre des parts de marché dans le secteur de l’énergie, notamment avec Sonatrach et, bien sûr, comme cala a été décrit dans notre future organisation et nos missions, de prendre en charge la réalisation de projets au niveau national dans les différents secteurs d’activité, à savoir le BTP, l’industrie, l’agriculture et autres.

La réalisation des projets se fera pour le compte de Sonelgaz uniquement ou pour d’autres clients aussi ?
Je dois dire que Sonelgaz, pour répondre aux besoins nationaux en matière d’électricité et de gaz, continue à déployer des efforts extraordinaires en matière d’investissement. Donc, pour pouvoir prendre en charge ce développement en matière d’infrastructures, notamment celui contenu dans le plan stratégique 2035 du Groupe, la mise en place de cette holding sera un des pivots pour la prise en charge de ce volet. Le plan de développement des équipements de Sonelgaz, à l’horizon 2035, sera pris en charge par la holding au fur et à mesure de sa mise en place, tout en prenant en charge également la réalisation de projets au niveau national dans d’autres secteurs comme je l’ai déjà mentionné.

L’EPC demeure une sorte de chasse-gardée des pays développés. Comment Sonelgaz compte-t-elle sortir de ce giron et développer son propre EPC ? Le fera-t-elle toute seule ou en partenariat ?
Dans la cadre de son plan stratégique 2035, le groupe Sonelgaz s’organise pour se déployer à l’international, notamment en matière de développement des infrastructures. La holding EPC se doit d’être un des leviers de Sonelgaz pour ce déploiement à l’international, notamment au niveau régional.

Quelle sera, selon vous, la contribution de cette holding à la mise en œuvre du plan stratégique « Sonelgaz 2035 » et la réalisation de ses objectifs ?
Il faut savoir que le Groupe Sonelgaz ambitionne d’investir, d’ici à 2035, 20 000 km de lignes, des moyens de productions et de s’impliquer dans les Energies renouvelables. Il y a déjà un projet de 500 Mw en EnR sur lequel nous travaillons, en plus de plusieurs autres projets qui vont être pris en charge par la holding. Aussi, Sonelgaz compte aller à l’international et nous avons déjà des discussions avec des partenaires mauritaniens, maliens, nigériens et autres. Nous allons être un des leviers qui va accompagner Sonelgaz dans son développement à l’international.

Justement, puisque la nouvelle holding sera appelée à opérer à l’extérieur du pays. Comment envisagez-vous son déploiement à l’international ?
Sonelgaz, dans sa nouvelle organisation a créé une direction dédiée au développement à l’international. C’est cette direction qui va travailler sur l’aspect « business development » et l’EPC va être un des outils pour réaliser ses ambitions au niveau international. Nous allons donc être un levier qui prendra en charge les projets discutés au niveau de cette direction.

Qu’en est-il de la Ressource humaine dont l’adhésion est indispensable à la réussite de ce projet de développement de l’EPC au sein du groupe Sonelgaz ?
La Ressource humaine est disponible mais on n’en a jamais assez. Tout dépend des ambitions et des objectifs fixés. En ce qui nous concerne, nous avons fixé un objectif qui consiste à créer un EPC champion national. Cela sous-entend qu’il faudrait mettre en place l’organisation adéquate et avoir la ressource nécessaire capable de réaliser cet objectif. Je dirai même que l’un des points les plus importants sur lesquels nous travaillons est la Ressource humaine. Vous pouvez mettre en place les meilleures organisations du monde, prendre les meilleurs projets du monde mais si vous ne disposez pas de la Ressource, cela ne servira à rien. Nous travaillons même sur des réformes en matière motivation de la Ressource car si on veut avoir de la compétence, il faut bien la motiver. Nous allons aussi chercher les compétences à travers la formation et en partenariat. Sur ce plan, nous sommes très optimistes, parce que nous savons que nous disposons des compétences nécessaires et l’université algérienne en regorge dans tous les secteurs. Il faut seulement savoir organiser et canaliser les choses. Sincèrement, je pense que ce projet est très ambitieux et va être utile non seulement pour Sonelgaz mais pour l’économie nationale en général. Par rapport à ma modeste expérience, j’ai eu à suivre des projets de développement mais, ma foi, je dirai que nous réalisons nos projets avec des surcoûts, des dépassements de délais et, parfois, nous ne maitrisons même pas la fin du projet. C’est la raison pour laquelle je pense qu’avoir la compétence managériale est primordial dans la réalisation d’un projet.

Avez-vous fixé un échéancier pour sortir avec le premier projet réalisé clé en main ?
Nous sommes actuellement en pleine création de cette holding et il y a une dynamique extraordinaire au sein de l’équipe qui travaille sur ce projet. La société est pratiquement créée mais c’est un travail de longue haleine. Parallèlement, nous travaillons sur d’autres dossiers, notamment celui que je viens d’évoquer, à savoir les 500 Mw en EnR qui sera le montage du premier projet de la holding. D’autres projets suivront, et au fur et à mesure que les choses se mettent en place et que les compétences nous rejoignent, nous prendrons, progressivement, en charge les projets de Sonelgaz ou autres. Nous avons mis en place une organisation type d’un EPC qui pourra, à terme, prendre en charge n’importe quel type de projet. Ce qui est sûr, c’est que le moment est arrivé pour que notre pays se dote d’un outil pareil pour assurer son développement, d’autant que nous sommes dans une nouvelle ère et une nouvelle Algérie. Et Sonelgaz est là pour contribuer à l’essor de son économie.

H. N. A.

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