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Incurie, la part du citoyen

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Traditionnellement boulimique lors du mois du Ramadhan, le citoyen en a rajouté une louche durant le mois sacré fraichement écoulé.
En cause des pénuries supposées sur les produits de large consommation à l’instar du lait et de l’huile.
A dire vrai, les tensions sur ces deux matières prévalaient déjà avant, qui témoigneraient d’une attitude sociétale à la limite de la seconde nature.
L’on a ainsi vu de longues chaines humaines, parfois sur près d’un kilomètre, par endroits encadrées par les forces de l’ordre, tant l’incivisme menace d’attenter à la quiétude sociale.
Et ce n’est pas la mort d’homme, tristement consignée en pareilles circonstances pour un sachet de lait, qui contredirait le propos.
Comme un serpent qui se mord la queue, le premier servi entasse une provision à même de répondre aux besoins d’une fête de mariage.
Une situation qui constitue une véritable aubaine pour les spéculateurs tapis dans l’ombre, jonglant avec les chiffres de la surenchère.
Elle sape surtout tous les efforts de l’Etat dans sa volonté de réguler un marché dont les mécanismes à l’horizontal lui échappent, à moins de mettre, et le fait serait ubuesque, un policier devant chaque commerce en amont et en aval.
Le président de la République, qui semble désespéré par l’inefficience du département compétent de son gouvernement à juguler le phénomène de la spéculation, y est allé de sa bonne volonté pour instituer une commission d’enquête rattachée à ses ordres.
Dans le même temps il avait promulgué la loi criminalisant l’acte de spéculer sur les produits de consommation de base, qui prévoit de lourdes peines de prison à l’encontre des réfractaires.
Mais toute cette batterie de mesures risque d’être altérée si à son niveau, le citoyen ne l’accompagnât pas de reflexes empreints de civisme à toute épreuve et d’altruisme bienvenu dans une société qui se targue au demeurant de valeurs religieuses avérées.
Moins que cela, le pire est à craindre devant le spectre d’une crise alimentaire mondiale inédite, à l’aune du conflit entre la Russie et l’Ukraine, grands pourvoyeurs de céréales, entre autres.

Par Hacène Nait Amara

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