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Mohamed Nabil Dehri, divisionnaire technique à la SATIM : «Tous nos processus répondent aux normes exigées»

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Désigné à la tête de la division technique de la SATIM en 2017, Mohamed Nabil Dehri chapeaute avec son équipe, depuis quatre ans, toute la partie technologique et opérationnelle de la société. Il revient, dans cet entretien, sur les missions principales qui incombent à cette division et sur certains aspects techniques assurés par des ingénieurs issus des écoles supérieures algériennes mais dont les compétences ont été « aiguisées » grâces à des formations complémentaires de perfectionnement dispensées par la SATIM.

Entretien réalisé par Hacène Nait Amara

En quoi consiste exactement la mission assurée par votre service ?
Nous sommes, dans ce service, appelés à répondre aux besoins des banques en matière de personnalisation des cartes de paiement à puce, des TPE, des DAB ou des GAB. La division technique est structurée selon les normes du métier, avec toute l’étanchéité et la sécurité entre les différents services et départements. Cette division présente un pôle technologique réunissant plusieurs parties dont celles chargées de dérouler les tests de certification des produits et prestataires monétiques , d’assurer la veille technologique et l’administration des plateformes techniques. Un autre pôle Opérationnel assure l’exploitation de la plateforme monétique et la production des services interbancaires, il interagit avec toutes les structures, selon une procédure interne, pour mettre en place le processus de production des cartes, de configuration des TPE, d’intégration des web-marchands et de gestion du e-paiement ou autres. En d’autre termes, nous avons le pôle technologie qui vient en support de la partie opérationnelle. Il a comme mission d’assurer la veille technologique, la validation et le test des nouveaux produits monétiques avant leur déploiement sur le terrain. Il se positionne aussi en support aux opérations, en ce sens qu’il gère et administre toutes les opérations techniques installées chez nous.

Quels sont les services les plus sensibles au sein de la SATIM ?
Il y a bien évidemment l’administration de la plateforme monétique interbancaire aussi bien sur l’aspect Progiciels Monétique que sur la partie matérielle qui permettent d’assurer la gestion en temps réel de toutes les transactions monétiques interbancaires. Je peux citer notamment, dans le pôle technologie, la direction infrastructures et réseaux qui a pour mission de piloter les DATACENTERS que nous avons. Cette direction est scindées en deux parties, représentées par les départements réseaux-sécurités et systèmes. C’est ces deux départements qui mettent en place les règles de sécurité décidées par le RSSI. Il y a aussi la DSI qui est l’articulation de la SATIM et qui est assure les développements et intégration de nouveaux services proposés par la société aux acteurs de la place. Elle joue donc un grand rôle et dispose de pas moins de 7 ingénieurs. Nous avons aussi des ingénieurs et des administrateurs qui ont le statut d’experts et pilotent tous les nouveaux projets de leur conception à leur mise en exploitation. Nous avons aussi l’unité chèques qui s’occupe de leur confection au profit des banques, avec des départements qui assurent l’impression et la livraison. Il faut rappeler également que nous sommes le centre de personnalisation des cartes banques à puce CIB, grâce à une plateforme de logicielle et matérielle en mesure de prendre en charge toutes les demandes des 18 banques de la Place. Nous avons une capacité de production de 4 millions de cartes par an sur une seule équipe, un peu au dessus de la demande nationale, mais nous pouvons l’augmenter à tout moment en doublant, voire tripler les équipes . Si demain il y a une forte demande sur les cartes CIB, on pourrait même investir dans des équipements supplémentaires pour accroitre notre capacité de production. Ce centre a été certifier par Mastercard International. Nous avons actuellement, une banque en production et un projet d’intégration de deux autres banques.

Combien de temps le déploiement d’un TPE nécessite-t-il aujourd’hui ?
Au départ, lorsque nous avons entamé le déploiement d’une centaine de TPE en 2006, nous n’avions pas atteint l’échelle industrielle. Mais à partir de 2017, nous mettons en œuvre des processus de plus en plus industrialisés pour essayer de fluidifier au maximum le déploiement des TPE. Aujourd’hui, nous constatons que le TPE est disponible, mais nécessite jusqu’à 3 mois pour qu’il soit installé chez le commerçant. D’où la nécessité de revoir tout le cheminement afin que le processus ne dépasse pas une ou deux semaines. C’est la raison pour laquelle nous avons mis en œuvre tous les moyens matériels et humains pour essayer de fluidifier ce processus. Aussi, en collaboration avec le GIE Monétique et les acteurs de la place, il a été décidé de faire impliquer des installateurs, des mainteneurs et des start-up à la massification du déploiement des TPE.

La SATIM s’occupe-t-elle aussi des web-marchands ?
Nous travaillons sur la partie tests de certification des web-marchands. Il est vrai qu’à un certain moment, nous avions une procédure un peu contraignante, puisqu’il fallait que le web-marchand se déplace, signe une convention avec sa banque qui demande l’autorisation au GIE Monétique. Une fois obtenue cette autorisation, le web-marchand se rapprochait de Satim pour récupérer les spécifications d’intégration du module e-paiement puis, une fois prêt dérouler les tests de certification afin d’entrée en production.Cette procédure dure entre 2 à 3 mois. Aujourd’hui, tout le monde a pris conscience de l’importance du e-paiement et c’est pourquoi nous avons lancé, en collaboration avec le GIE Monétique un processus digitalisé à travers un portail numérique pour ramener la certification à une démarche en ligne du web-marchand qui ne prendrait pas plus d’une à deux semaines seulement.

Trouvez-vous facilement des ingénieurs, formés par nos universités, en mesure d’assurer tout ce travail qui incombe à la SATIM ?
C’est vrai que nos universités forment aujourd’hui des ingénieurs en électronique, en informatique, en intelligence artificielle et autres spécialités techniques. Mais même nous en tant qu’entité opérant dans ce métier, avons des processus de formation internes obligatoires en début de carrière. Dès qu’un ingénieur fraichement sorti de l’université est recruté à SATIM, il est automatiquement formé en interne pour être en mesure de travailler avec nos équipes et avoir les pré-requis du métier. Quand au reste du personnel, chaque poste a ses pré-requis par rapport aux diplômes exigés et les formations complémentaires. Parfois, nous sommes obligés d’organiser des formations complémentaires de perfectionnement en fonction des nouveautés technologiques et de leur évolution.

Justement, qu’en est-il de la formation au sein de la SATIM ?
Il faut savoir à ce propos que le GIE Monétique a mis en place une charte qui doit être respectée par tous ses membres. Elle exige des formations de tous le personnel qui opère dans ce secteur et, depuis plusieurs mois, des cessions de formation sont organisées sous une vingtaine de thématiques fixées par le GIE Monétique. Quant à l’aspect marketing, nous avons arrêté une feuille de route pour l’année 2021 ciblant directement les utilisateurs de cartes CIB pour les sensibiliser sur l’importance de ce produit.

Qu’en est-il de la maintenance ?
La maintenance des TPE, des DAB ou autres équipements relève du sort des installateurs et des mainteneurs qui doivent être homologués par le GIE Monétique. Il en est de même pour ce qui est de la maintenance des DAB/GAB, actuellement assurée par le vendeur lui-même. C’est la raison pour laquelle, si on veut généraliser l’utilisation des moyens de paiement modernes, il est important aujourd’hui que ce métier ce développe et que des start-up ou des TPE (très petites entreprises) se spécialisent dans la maintenance et entrent en jeu pour prendre en charge la partie maintenance de ces équipements.
H. N. A.

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