À l’occasion d’une importante rencontre économique réunissant responsables algériens et vietnamiens, le président de l’Agence Algérienne de Promotion de l’Investissement (AAPI), Omar Rekache, a dressé un tableau détaillé des transformations engagées par l’Algérie dans le domaine économique depuis 2020. Son intervention a mis en relief la profondeur des réformes structurelles lancées sous la conduite du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, ainsi que les opportunités d’investissement qu’elles ouvrent aujourd’hui.
Par Badreddine Khris
« La stabilité politique et institutionnelle constitue l’un des points forts de l’Algérie »
Dès l’entame de son allocution, Omar Rekache a insisté sur les fondements qui ont permis d’amorcer le redressement économique du pays. Il a souligné que la consolidation de la stabilité « renforce la confiance, protège les droits et garantit la continuité des décisions économiques ». Cette stabilité, a-t-il rappelé, demeure un avantage stratégique pour un pays en pleine transition.
Il a également mis l’accent sur la clarté de la nouvelle vision économique nationale, laquelle « place les secteurs productifs au cœur des priorités » en levant les contraintes qui limitaient auparavant l’initiative et l’investissement étranger.
Le président de l’AAPI a rappelé que la loi sur l’investissement garantit une stabilité de dix ans, minimum pour ses principales dispositions, offrant ainsi aux investisseurs « une visibilité réelle sur le long terme ».
La digitalisation des services, à travers la plateforme numérique des investisseurs, a été décrite comme une étape décisive qui « simplifie les démarches, renforce la transparence et améliore le climat des affaires ».
M. Rekache a insisté sur les garanties essentielles de la nouvelle architecture juridique : égalité de traitement pour tous les investisseurs, liberté de transfert des bénéfices, protection des projets stratégiques et mécanismes modernisés de règlement des différends. Ces garanties, a-t-il affirmé, « constituent la base de la confiance que nous souhaitons consolider avec nos partenaires ».
Trois régimes d’incitations pour dynamiser l’investissement
L’AAPI met désormais en œuvre trois régimes d’incitations conçus pour dynamiser l’investissement et accompagner la transformation économique du pays. Le premier est destiné aux secteurs prioritaires et industriels, considérés comme moteurs de croissance et de diversification. Le second vise les zones à développer, avec pour objectif de soutenir une croissance territoriale plus équilibrée et de valoriser les potentialités encore inexploitées de plusieurs régions. Le troisième régime s’adresse aux projets structurants, définis comme ceux capables de créer au moins 500 emplois ou d’engager un investissement supérieur à 72 millions de dollars. Chacun de ces dispositifs s’accompagne d’exonérations fiscales et parafiscales pouvant s’étendre jusqu’à dix années, aussi bien durant la phase de réalisation que durant la phase d’exploitation, afin de « renforcer la rentabilité et la compétitivité des projets ».
Des atouts économiques solides et un marché en expansion
M. Rekache a rappelé les performances macoéconomiques récentes : un PIB de plus de 263 milliards de dollars, une croissance supérieure à 4 %, un taux d’inflation maîtrisé sous les 4 % et l’absence totale de dette extérieure. Il a qualifié ces indicateurs de « preuves concrètes de la résilience de l’économie nationale ».
Avec ses 46 millions d’habitants, dont une majorité de jeunes, sa position stratégique reliant l’Afrique à l’Europe, et un potentiel énergétique considérable, l’Algérie continue de renforcer son attractivité. Le pays bénéficie également d’infrastructures en expansion et d’un vivier annuel de plus de 250 000 diplômés.
De larges opportunités dans l’industrie, les mines et l’énergie
Le président de l’AAPI a mis en avant les perspectives offertes dans les secteurs industriels, notamment la pétrochimie, les engrais, la mécanique, les industries de transformation, le textile, le cuir et l’agroalimentaire.
Les projets structurants du secteur minier — tels que Gara Djebilet (fer), le complexe intégré phosphate–urée, ou le gisement d’Amizour (zinc et plomb) — témoignent, selon lui, du potentiel important du pays.
Il a également souligné l’ambition nationale dans les énergies renouvelables et dans l’hydrogène vert et bleu, domaines stratégiques pour les années à venir.
Un partenariat algéro-vietnamien à fort potentiel
Abordant les relations bilatérales, M. Rekache a salué l’expérience du Vietnam en agriculture moderne, industries de transformation, numérisation et aquaculture. Il a mis en avant les complémentarités naturelles entre les deux pays, soulignant que ces expertises peuvent « donner naissance à des projets à forte valeur ajoutée ».
L’orateur a, enfin, réaffirmé l’engagement ferme de l’AAPI : « Nous accompagnerons nos partenaires vietnamiens de la première idée jusqu’à la concrétisation du projet, avec efficacité, transparence et qualité de service ».
B. Kh.




