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Sophie Aubert, directrice de l’AFD Algérie : « Notre devons soutenir les priorités du gouvernement algérien »

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Rencontré en marge de la célébration du 80e anniversaire de l’Agence française de développement (AFD), la directrice du bureau d’Alger de l’AFD, Sophie Aubert, nous livre, dans cet entretien, ses impressions sur les 53 années de présence de l’Agence en Algérie et le travail de coopération engagé avec les autorités publiques, à travers des projets structurants répondant aux Objectifs de développement Durable (ODD).

Propos recueillis par Hacène Nait Amara

En quoi consiste la mission de l’AFD ?
L’AFD a été créée le 2 décembre 1941 par le Général De Gaulle et son siège s’est déplacé à Alger en 1943 jusqu’à l’indépendance de l’Algérie où elle est transféré en France sous le nom de la Caisse centrale de la France. Elle a participé à la construction des outre-mer et progressivement son champ d’action s’est élargi, notamment lorsque son nom est devenu AFD en 1998. En fait, son rôle consistait à mettre en œuvre la coopération internationale au développement de la France dans le monde. Elle est actuellement présente dans 115 pays et engage chaque année plus de 12 milliards d’euros pour des projets de coopération conformes aux Objectifs de développement durable (ODD).

Qu’en est-il de votre présence en Algérie ?
Nous sommes présents en Algérie depuis 1968, sans discontinuer. On y travaille sur des projets très variables, selon les époques. Je peux citer entre autres la reconstruction de Boumerdès après le séisme de 2003, l’électrification des lignes de train de banlieue d’Alger, le système de transfert des eaux du barrage de Taksebt (Tizi Ouzou), mais aussi des thématiques comme la protection des aires marines de Tipaza et autres. Mais aujourd’hui, nous devons soutenir les priorités du Gouvernement algérien, en mobilisant des subventions ou d’autres moyens pour accompagner ses projets lorsqu’il nous le demande. Nous travaillons également avec la société civile sur des thématiques très larges, comme le programme Djoussour qui vise spécifiquement les acteurs algériens et français agissant en faveur de la jeunesse et de l’enfance.

Comment évaluez-vous votre coopération avec l’Algérie ?
J’espère que cette coopération va se renforcer parce qu’il y a des projets structurants qui ont été conduits et qui sont, de toute évidence, utiles à l’Algérie. J’espère aussi que nous allons continuer à travailler avec l’Algérie sur des projets qui importent le Gouvernement algérien, la société civile en fonction de leur demande. Je pense que cette célébration des 80 ans de l’AFD est importante, en ce sens qu’elle met l’accent sur le fait que le développement ne concerne pas seulement le bâtiment, mais aussi l’environnement, le patrimoine naturel. Et c’est dans tous ces domaines qu’on pourra être présent, dès lors qu’il y a une demande.

D’où le thème de cette exposition de photos organisée à l’occasion de cet anniversaire..
Absolument. Et c’est parce que nous sommes au lendemain de la COP26 qui a bien montré le lien entre la biodiversité, la lutte contre les effets du changement climatique et l’environnement. Nous avons voulu donc faire quelque chose d’intéressant qui associe nos partenaires algériens. Nous avons trouvé que cette idée d’exposition permettait de mettre en valeur le patrimoine algérien, de le faire connaitre et de montrer surtout l’importance de le protéger.

Sur le plan économique, quels sont les projets auxquels l’AFD participe actuellement à travers des subventions ou autres ?
Nous travaillons actuellement avec une filiale du groupe Sonelgaz, la SKTM, sur un projet d’hybridation des centrales électriques du Sud, à travers une étude de faisabilité et sa mise en œuvre, par la suite. Nous travaillons aussi, sur financement de l’Union européenne, sur un projet du ministère de l’Industrie appelé Ecovertech dont l’objectif est de développer, d’expliquer et d’accompagner les entreprises qui se lancent dans tout ce qui est mode de consommation et de production durable. C’est un projet qui va commencer cette année avec le soutien de l’ONUDI, au bénéfice du ministère de l’Industrie.

Quel est le budget engagé pour tous ces projets en Algérie ?
Depuis l’année 2000, nous sommes autour de 275 millions d’euros. Il y a eu, outre les projets que j’ai cités, des lignes de crédits avec le CPA et des projets d’étude de faisabilité. Nous avons aussi une filiale privée qui s’appelle PROPARCO qui travaille plutôt avec les entreprises et qui a également développé différents projets durant les 20 dernières années

Comment l’AFD a vécu cette période de crise sanitaire due à la Covid-19?
Nous nous sommes mis au télétravail, tout en tenant à respecter le protocole sanitaire, la distanciation sociale.
Mais globalement, l’AFD a vraiment maintenu son rythme de croisière car elle a mobilisé beaucoup d’argent dans des actions de soutien aux pays qui en avaient besoin, comme le Plan Choose Africa Resilience, en faveur des entreprises africaines, avec 2 ou 3 milliards d’euros.
H. N. A.

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