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Viktor Arvidsson, Directeur de la stratégie chez Ericsson : « Nous préparons le terrain de la 5G dès maintenant »

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Viktor Arvidsson est Directeur de la Stratégie et des Affaires Réglementaires d’Ericsson France. En marge de sa visite de travail, effectuée en mars dernier à Alger, le Forum Meet Tic de Indjazat, sponsorisé par l’opérateur Mobilis, l’a invité pour un débat autour des questions en rapport avec son domaine d’activité, mais aussi des derniers développements du secteur des télécommunications, national et international.

Par Berkaine Kamelia

’emblée, le représentant du géant suédois des télécoms a tenu à rappeler qu’« entre Ericsson et l’Algérie, il y a une longue histoire de coopération, puisque la marque est présente sur le marché algérien depuis 1973, en tant que partenaire du ministère des Télécoms, à l’époque. Depuis, Ericsson a accompagné le secteur dans toutes ses évolutions et ses transformations ». A la question de savoir où se positionnerait l’Algérie dans le développement effrénée du mobile dans le monde, Viktor Arvidsson a estimé que « dans ce domaine, il se passe énormément de choses en Algérie ». Tout en se référant à une enquête réalisée récemment par Ericsson sur les usages du mobile, il fera savoir qu’en quelques années, les usages du mobile ont triplé en terme d’accès à Internet, puisque 40% des Algériens accèdent à la Toile plus de 30 fois par jours pour des usages divers, alors que 80% d’entre eux regardent au moins une fois par jours de petites vidéos, ou vont sur les réseaux sociaux ». Selon lui, la 4G s’est bien développée dans le pays et 75% des Algériens y ont maintenant accès. « La transformation dans ce secteur est en marche, évolue très vite et les usages se développent bien », a-t-il affirmé. Viktor Arvidsson est revenu sur l’étude ConsumerLab d’Ericsson, précisant que son but est de déterminer les attentes des consommateurs en terme d’usage et de demande, et ce, pour servir au mieux l’opérateur de téléphonie mobile. « Ce genre d’étude aide à être plus pertinent dans la conception des produits pour répondre aux attentes des usagers. Cela permet à nos clients d’avoir une vue plus globale sur leurs clients, en leur proposant aussi des comparatifs sur les marchés à travers plusieurs pays du monde », a-t-il expliqué.

Des usages en forte évolution
L’année dernière, l’étude s’est intéressée à l’Algérie sur la base d’un sondage d’un échantillon de plus de 1 000 personnes. « Les résultats de l’étude montre qu’il y a une forte évolution des usages. Il y a aussi une attente des utilisateurs finaux sur les réseaux, en ce sens qu’ils aimeraient que la couverture, le débit ou même leurs smartphones soient meilleurs. Pas moins de 60% des personnes interrogées affirment qu’elles ont eu, au moins deux fois par jour, des problèmes en rapport avec ces trois paramètres », a indiqué l’invité du Forum.
Un autre aspect relevé par l’étude concerne les critères sur lesquels les utilisateurs finaux évaluent la qualité du réseau. « Nous avons constaté, à travers l’étude, que l’usager n’utilise pas des applications spécialement conçues pour cela, mais se réfère à des critères personnels comme le temps de téléchargement ou de visionnage d’une vidéo », a affirmé M. Arvidsson. Et d’ajouter : « Il a été également constaté que la vidéo représente quasiment 70% des publications sur les réseaux sociaux. Ce constat permet à nos clients de prendre les mesures nécessaires et de travailler sur l’ingénierie des réseaux pour mieux répondre aux attentes des utilisateurs ».
Sur un autre registre, le même responsable a fait savoir qu’en ce qui concerne la cinquième génération des standards pour la téléphonie mobile (5G), Ericsson compte aujourd’hui 80 accords et contrats commerciaux portant sur le développement de cette nouvelle technologie pour le compte de plusieurs opérateurs à travers le monde. Quel retour d’expérience Ericsson en tire Ericsson ? Selon Viktor Arvidsson, l’élément le plus important à retenir, c’est que « les clients sont intéressés par cette nouvelle technologie qui est déjà en marche dans plusieurs régions du monde, particulièrement en Corée du sud. De nouveau usages 5G se développent aussi, mais cette nouvelle technologie doit être associée à de nouveaux services pour qu’elle prenne toute sa valeur ». Il est vrai que certains pays n’en veulent pas ou affichent une certaine réticence, mais il s’agit beaucoup plus, explique M. Arvidsson de « messages qui se réfèrent à des questions environnementales ou alors à des idées qui voudraient faire croire à l’inutilité de cette technologie ». Pour Ericsson, même s’ils sont faibles, ces messages sont des signaux intéressants à prendre en considération pour faire prévaloir des contres arguments et dire que la 5G, au contraire, est plus efficace que la 4G en consommation énergétique des équipements, par exemple.

5G… réfléchir aux usages possibles
« On ne fait pas la 5G pour la gloire, mais parce qu’elle a une utilité économique, permet une transformation du monde numérique et de favorise le développement des usages au profit des consommateurs », a assuré M. Arvidsson.
S’agissant du déploiement de cette nouvelle technologie en Algérie, le représentant d’Ericsson a estimé qu’il faudrait d’abord développer les réseaux de télécommunication actuels et préparer les secteurs d’activité liés à la 5G comme le « business to consumer » et le « business to business » (santé, transport, logistique et industrie 4.0). «Tout cela nécessite un travail de pédagogie et de communication pour expliquer les utilisations de la 5G », a-t-il expliqué encore. Quant à l’aspects coût et timing, le même responsable a affirmé qu’au niveau mondial, concernant la 5G, le premier déploiement commercial, un peu symbolique, de la 5G a eu lieu fin 2018, aux Etats-unis, et la deuxième vague de déploiement plus consistant sur des usages mobiles a vu le jour en avril 2019 en Corée du sud, en Suisse et aux Etats-Unis. « En 2020, il y aura une autre vague plus importante qui concernera la première version de la 5G car cette nouvelle technologie utilise une partie du cœur du réseau 4G. La deuxième version, appelée Standalone, est plutôt prévue en 2022 ou 2023. Celle-ci aura un cœur de réseau propre à elle et aura une qualité de service beaucoup plus importante », a-t-il affirmé. En ce qui concerne l’Algérie, le déploiement de cette nouvelle génération est plutôt prévu pour l’année 2022, « mais la préparation du terrain se fait dès maintenant », a indiqué M. Arvidsson. Et d’expliquer qu’il faudrait commencer à réfléchir aux usages possibles pour que le pays puisse s’inscrire dans ce mouvement d’évolution mondiale de la 5G et ne pas avoir à rattraper le retard ». Selon lui, les start-up sont en mesure de contribuer énormément à convaincre tout le monde de la nécessité d’adopter cette technologie, pour peu qu’elles aient un écosystème adéquat, un environnement stimulant et des réseaux mobiles assez largement déployés et assurant une bonne couverture.
K. B.

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