Accueil RESSOURCES EN EAU Arezki Barakni, DG de l’ANBT : «5 nouveaux barrages sont en réalisation»

Arezki Barakni, DG de l’ANBT : «5 nouveaux barrages sont en réalisation»

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A l’approche de l’été, le premier souci est d’avoir de l’eau potable en grande disponibilité pour assurer l’alimentation de la population en cette ressource hydrique. Et pas que. La nécessité impérieuse d’offrir en quantités suffisantes la ressource hydrique destinée à l’irrigation de surfaces agricole en exploitation met le ministère des Ressource en eau (MRE) en alerte permanente. Les équipes du département que dirige Hocine Necib sont à pied d’œuvre pour accomplir les tâches qui leur sont assignées. Classé pays semi-aride, l’Algérie n’a d’autre choix que de mobiliser les eaux de surface et les eaux non conventionnelles pour faire face au stresse hydrique qui plane sur le plus grand pays d’Afrique. Les projets hydrauliques réalisés, les barrages notamment, ont permis à l’Algérie d’emmagasiner d’énormes quantités d’eaux qui la mettent à l’abri d’une quelconque pénurie d’eau. Pour répondre avec plus de détails sur le programme de réalisation des barrages, leur entretien ainsi que leurs capacités de stockage, le directeur-général de l’Agence nationale des barrages et transferts (ANBT), Arezki Berraki s’est livré au jeu de questions-réponses lors de son passage à l’émission «Invité de la rédaction» de la Chaîne III de la Radio nationale, le mois d’avril écoulé.

Par Hacène Nait Amara

Aces questions, et à d’autres, a répondu Arezki Berraki, estimant les capacités de stockage d’eau à 8 milliards de m3, l’objectif étant d’atteindre les 9 milliards de m3. Selon le Dg de l’ANBT, « le taux de remplissage des barrages avoisine les 64 %, donc on peut considérer qu’il s’agit d’un niveau très confortable ». Hormis trois barrages qui ont enregistré un taux remplissage critique, les 80 barrages dont dispose l’Algérie ont enregistré un taux remplissage rassurant «nous permettant d’aborder la saison estivale sans difficultés», a-t-il rassuré.
Le mauvais souvenir de l’été passé hante toujours les habitants de certaines régions du pays qui ont vécu le calvaire dû à la pénurie d’eau. Arezki Berraki est revenu sur cette période, rassurant notamment les habitants de certaines wilayas de l’est du pays que le stress hydrique vécu l’année passée n’est qu’un mauvais souvenir. «Les dernières pluies sont suffisamment et équitablement tombées à l’est, à l’ouest et au centre du pays», a-t-il dit à ce sujet. Pour étayer ses dires, Arezki Berraki a énuméré les barrages ayant atteint un taux de remplissage estimé à 100%. Ainsi, à l’ouest, le barrage de Hammam Boughrara est quasiment plein alors que ceux de Sidi Yacoub à Chleff et de Bentaiba à Ain Defla ont déversé a-t-il ajouté. En termes plus clairs, 15 barrages sont remplis à 100% alors que plus de 26 barrages ont enregistré un taux de remplissage dépassant les 85 %, à l’exemple de Beni Amrane, Beni Haroun, Boussiaba, Oued al-Othmania, Mexa et Béni Zid etc. « Les estimations sont généralement faites sur une année hydrologique, nous considérons aujourd’hui que l’Algérie dispose d’une manière générale d’une autonomie en eau potable de plus de 12 mois », a expliqué le DG de l’ANBT
Les barrages déficitaires sont au nombre de trois : celui de Ain Dalia, de Souk Ahras, qui alimente aussi Tébessa et Oum El Bouaghi, ainsi qu’occasionnellement, Guelma, celui de Ain Zada, qui présente une autonomie de 7 mois uniquement, le troisième étant celui de Djorf Torba à Bechar.
Concernant le niveau de l’envasement de certain barrage, Arezki Berraki estime qu’il est « relativement faible et ne présente aucun souci, puisque ne dépassant pas les 14% ». Malgré ce niveau faible d’envasement, le ministère des Ressources en eau a dégagé les fonds financiers nécessaires pour l’acquisition de trois dragues, et c’est une entreprise publique nationale, une première en la matière, qui est chargée de la fabrication de ces engins. Auparavant les dragues étaient importées de l’étranger moyennant des devises fortes a-t-il indiqué « 5 barrages ont été réceptionnés entre 2017 et début 2018 : à M’sila, Médéa, Tebessa, Mascara et Laghouat », dévoile Berraki. A l’exception du barrage de Béni Slimane, dont l’usage est destiné à l’irrigation, « les autres nouveaux barrages sont à usage mixte, pour l’agriculture et la AEP». Profitant de son passage sur les ondes de la Chaîne III, Arezki Berraki annonce la un programme de cinq nouveau barrages qui entreront en service dans les prochaines années. Ces barrages sont ceux de Souk Tleta et Sidi Khelifa dans la wilaya de Tizi Ouzou, celui de Djedra à Souk Ahras, Boukhroufa à Tarf et Bouzina à Batna,
Pour faire face aux éventuelles périodes dites de stress hydrique, où la faible pluviométrie pourrait mettre en péril les réserves existantes, Arezki Berraki affirme que là « interviennent divers dispositifs intéressants, comme les transferts d’eau et les approvisionnements supplémentaires en puisant dans les nappes souterraines ; ceci pour les saisons où le déficit est important ».
Le nouveau en termes de communication et d’informations, aussi bien interne à l’Agence, qu’aux professionnels du secteur, est que l’Agence des barrages s’est doté d’une plate forme informatique où toutes les informations sont stockées, ce qui permet aux responsables d’avoir un accès rapide et précis afin d’évaluer en peu de temps les mesures à prendre, d’avoir à porté les études statistiques pour faire de l’anticipation. La base de données est aussi appuyée par le portail dit « Soudoud al-Jazaer » ; de ce fait, dit Arezki Berraki, « je peux connaitre aujourd’hui, le volume d’eau actuel disponible à Beni Haroun, par exemple, son taux de remplissage, combien avons-nous eu d’apports, combien on a donné en eau potable, ou en irrigation, bref, toutes les informations liées à la ressource hydrique peuvent être obtenues au premier clic», a-t-il expliqué.
Un des autres grands projets en cours de réalisation et qui fait partie des objectifs du gouvernement, concerne les deux transferts d’eau du sud vers le Hauts-Plateaux ; en fait, il y a deux transferts ; les études ont été confiés à un groupement de bureaux d’études algérien ; les marchés sont signés et les études ont démarrés. L’un de ses projets, explique le DG de l’ANBT, concerne le transfert d’eau de Bechar vers Saida et tout le couloir ouest, le second sera celui de Ghardaïa et alimentera Biskra, Msila, Batna. L’autre grand bienfait de ces transferts est de permettre à l’agriculture locale de profiter de cette présence d’eau en quantité. C’est un gigantesque projet de 800 km pour le couloir est et dont les études aboutiront dans 24 mois.
H. N. A.

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