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Le Président inaugure la 57e FIA et fixe les priorités économiques du pays : Pour une Algérie productive, partenariale et tournée vers la croissance durable

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La 57e édition de la Foire internationale d’Alger (FIA), inaugurée le 22 juin 2026 au Palais des expositions des Pins-Maritimes par le président de la République, Monsieur Abdelmadjid Tebboune, s’est imposée comme un moment économique à forte portée politique et stratégique. Placée sous le slogan « Confiance et stabilité pour une croissance durable », cette édition ne se limite pas à l’exposition des capacités productives nationales et étrangères. Elle a surtout permis au chef de l’État de préciser, à travers plusieurs déclarations fortes, les lignes directrices de la politique économique du pays : renforcement de la production nationale, élévation des taux d’intégration, transparence dans l’investissement, partenariats équilibrés, ouverture africaine et défense du produit algérien sur les marchés extérieurs. 

par Hacene N. A.

Réunissant 781 entreprises nationales et étrangères représentant 36 pays, la FIA confirme son statut de rendez-vous économique majeur, à la fois vitrine industrielle, plateforme de mise en relation et espace de diplomatie économique. La visite présidentielle, qui a conduit le chef de l’État dans plusieurs pavillons nationaux et étrangers, a donné à cette manifestation une dimension particulière. D’un stand à l’autre, les échanges ont permis de faire émerger une lecture cohérente des priorités actuelles de l’économie algérienne : produire davantage localement, maîtriser les chaînes de valeur, attirer des partenariats utiles, consolider les capacités industrielles et accompagner les investissements structurants. 

Des partenariats appelés à devenir productifs 

Dès l’entame de sa visite, le président de la République s’est rendu au pavillon de l’Espagne, invitée d’honneur de cette 57e édition. Cette halte inaugurale a pris une valeur symbolique particulière, dans un contexte de relance des relations économiques algéro-espagnoles. Le chef de l’État a salué la solidité des relations bilatérales entre les deux pays, estimant qu’elles amorcent « une nouvelle étape ». Mais au-delà du constat diplomatique, il a surtout appelé à donner à cette nouvelle étape un contenu industriel concret. 

Le président Tebboune a ainsi invité les opérateurs économiques algériens et espagnols à s’orienter vers « la production conjointe », notamment dans les infrastructures de dessalement de l’eau de mer. Cette orientation vise, selon l’approche mise en avant par le chef de l’État, à dépasser la logique de l’importation ou de la simple fourniture d’équipements pour entrer dans une logique de fabrication locale des composantes des stations de dessalement et de relèvement des taux d’intégration. 

À travers cet exemple, c’est une conception plus exigeante du partenariat qui se dessine. La coopération internationale n’est plus envisagée seulement comme un flux commercial, mais comme un levier de transfert de savoir-faire, de localisation industrielle et de création de valeur sur le territoire national. Dans un secteur aussi stratégique que l’eau, où l’Algérie a engagé d’importants programmes de dessalement, cette orientation traduit la volonté de faire de la commande publique et des grands projets d’infrastructure un moteur de développement industriel. 

La FIA, espace de diplomatie économique 

La présence de l’Espagne comme invitée d’honneur, mais aussi celle de plusieurs pays arabes, africains et méditerranéens, confirme la vocation internationale de la FIA. Le chef de l’État s’est ainsi rendu au pavillon du Sultanat d’Oman, où il a salué le niveau des relations de coopération entre les deux pays. Il a invité les entreprises omanaises à rejoindre la dynamique que connaît le secteur de la production du rond à béton en Algérie, soulignant que les portes de la coopération entre Alger et Mascate sont « grandes ouvertes ». 

Ce message traduit une volonté de densifier les échanges avec des partenaires capables de s’inscrire dans des projets industriels concrets. Là encore, l’accent est mis sur la production, l’investissement et la complémentarité. La FIA devient ainsi un espace où les relations politiques trouvent leur prolongement économique, à travers des projets susceptibles de générer de l’activité, des emplois et des capacités productives nouvelles. 

La visite du pavillon tunisien s’est inscrite dans la même logique de consolidation des liens régionaux. Le président de la République y a salué le niveau des relations bilatérales entre les deux pays frères, tout en soulignant la volonté du président tunisien Kaïs Saïed de relancer l’économie tunisienne. Dans ce cadre, la participation tunisienne à la FIA ouvre des perspectives de coopération entre entreprises des deux pays, dans un environnement marqué par la recherche de complémentarités économiques maghrébines. 

Le partenariat africain comme profondeur stratégique 

La dimension africaine de cette édition a été particulièrement mise en évidence lors de la visite du pavillon de la République du Tchad. Le président Tebboune y a réaffirmé l’engagement de l’Algérie à poursuivre et à accompagner la mise en œuvre des projets récemment convenus entre les deux parties. Parmi ces projets figurent l’exploration gazière et pétrolière au Tchad en partenariat avec l’Algérie, l’exploitation de l’argile destinée à l’industrie du ciment, ainsi que la contribution algérienne à la réalisation d’une cimenterie répondant aux capacités souhaitées par les autorités tchadiennes. 

Le chef de l’État a également évoqué d’autres projets communs, dont la réalisation d’une raffinerie de pétrole au Tchad et le renforcement du réseau électrique de ce pays avec l’accompagnement de l’Algérie. Ces annonces donnent à la coopération algéro-tchadienne une dimension structurante, à la croisée de l’énergie, de l’industrie, des matériaux de construction et des infrastructures. 

Cette dynamique s’inscrit dans une séquence nouvelle des relations économiques africaines de l’Algérie. L’ouverture de la ligne aérienne Alger-N’Djamena, rappelée par le président de la République, apparaît comme un élément facilitateur de cette coopération, en rapprochant les opérateurs, les institutions et les marchés. À travers le Tchad, mais aussi la présence du Sénégal et d’autres pays africains à la FIA, l’Algérie affirme son ambition de renforcer sa profondeur économique continentale. 

La Palestine, entre solidarité politique et présence productive 

La visite du pavillon de l’État de Palestine a constitué un moment à part dans la tournée présidentielle. Le chef de l’État y a exprimé son admiration pour la participation palestinienne, en soulignant que les arts, la production industrielle et artisanale exposés reflètent la profondeur civilisationnelle de la Palestine. Il a également relevé que, malgré les destructions à Ghaza, « il y a de la vie et l’espoir que la situation s’améliore ». 

Dans une déclaration forte, le président de la République a réaffirmé la constance de la position algérienne en faveur de la cause palestinienne : « Même si nous devions rester seuls sur la scène internationale, la Palestine ne disparaîtra pas et demeurera debout jusqu’à son indépendance totale. » Cette prise de position, formulée dans un cadre économique et commercial, a donné au pavillon palestinien une portée qui dépasse l’exposition de produits. Elle a rappelé que la FIA demeure aussi un espace où s’expriment les solidarités politiques fondamentales de l’Algérie. 

La présence palestinienne à cette édition, par les produits exposés et par la symbolique qu’elle porte, a ainsi été inscrite dans une double lecture : celle d’un peuple qui continue à produire, créer et exposer malgré l’épreuve, et celle d’un engagement algérien réaffirmé en faveur de son droit à l’indépendance. 

Priorité à la production nationale 

Au-delà des pavillons étrangers, la visite présidentielle a surtout permis de replacer l’entreprise algérienne au centre de la stratégie économique nationale. Au stand du Conseil du renouveau économique algérien (CREA), le président Tebboune a insisté sur la nécessité d’accorder la priorité à la production nationale et de réduire le recours à l’importation de pièces de rechange, à l’exception de celles relevant de « technologies de pointe ». 

Cette déclaration s’inscrit dans une logique de souveraineté productive. Pour le chef de l’État, l’Algérie dispose de capacités humaines importantes, notamment d’ingénieurs hautement qualifiés, qu’il convient de mobiliser pleinement. « Il est temps de leur donner l’opportunité de contribuer au développement de l’économie nationale », a-t-il affirmé. Cette phrase résume l’un des enjeux majeurs de la séquence économique actuelle : transformer le potentiel humain en capacité industrielle, en innovation appliquée et en solutions produites localement. 

La réduction de la dépendance aux importations ne relève donc pas seulement d’un objectif comptable ou commercial. Elle suppose une montée en compétence des filières, une confiance accrue dans l’ingénierie nationale et une meilleure articulation entre entreprises, centres techniques, universités et dispositifs d’accompagnement. La FIA, en exposant les produits et les capacités des opérateurs nationaux, donne précisément à voir cette transition vers une économie appelée à produire davantage ce qu’elle consomme et à exporter davantage ce qu’elle maîtrise. 

Le guichet unique, outil de transparence et d’efficacité 

Le président de la République a également mis l’accent sur l’accompagnement de l’investissement, en soulignant « l’importance de la transparence et de l’efficacité » qu’apporte le guichet unique. Ce dispositif, destiné à faciliter la concrétisation des projets, apparaît comme un élément central de l’amélioration du climat des affaires. 

Dans le contexte actuel, la question de l’investissement ne se limite plus à l’annonce de projets ou à la disponibilité de financements. Elle repose aussi sur la capacité de l’administration économique à réduire les délais, simplifier les procédures, clarifier les responsabilités et sécuriser le parcours de l’investisseur. En rappelant le rôle du guichet unique, le chef de l’État a voulu insister sur la nécessité d’un environnement plus lisible, plus rapide et plus efficace. 

Cette exigence rejoint le thème général de la FIA : « Confiance et stabilité pour une croissance durable ». La confiance économique se construit par la visibilité, la stabilité réglementaire, la transparence des procédures et la capacité des institutions à accompagner les opérateurs. À cet égard, la manifestation se présente autant comme une vitrine de produits que comme un indicateur des efforts engagés pour rendre l’investissement plus fluide et plus attractif. 

L’acier algérien et l’enjeu de l’accès aux marchés 

La halte au stand de Tosyali Algérie a permis au président Tebboune d’aborder un autre enjeu stratégique : celui de l’accès du produit national aux marchés internationaux. Le chef de l’État a souligné la nécessité pour « l’Union européenne de s’ouvrir au produit national », mettant en avant « l’excellente qualité de l’acier algérien ». 

Il a également jugé « inconcevable » que la partie européenne impose des quotas à l’importation de l’acier algérien alors que l’Algérie n’applique pas une telle mesure. Cette déclaration traduit une préoccupation centrale : celle de la réciprocité dans les échanges commerciaux et de la reconnaissance de la compétitivité du produit algérien. 

Dans le cas de l’acier, l’enjeu dépasse la seule filière métallurgique. Il touche à l’image industrielle de l’Algérie, à la capacité de ses entreprises à se positionner sur des marchés exigeants et à la nécessité de défendre leurs débouchés face aux restrictions commerciales. En mettant en avant la qualité de l’acier algérien, le chef de l’État a voulu rappeler que la production nationale n’est pas seulement appelée à remplacer les importations, mais aussi à conquérir des marchés extérieurs. 

Infrastructures, transport et intégration territoriale 

La visite du stand de l’Agence nationale d’études et de suivi de la réalisation des investissements ferroviaires (ANESRIF) a permis de mettre en relief l’importance des projets ferroviaires dans la dynamique de développement du pays. Le président de la République y a suivi une présentation détaillée sur les grands projets réalisés ou en cours à travers les différentes régions. 

Le rail occupe une place centrale dans la stratégie nationale d’aménagement du territoire. Il facilite la circulation des personnes et des marchandises, soutient l’activité minière et industrielle, désenclave les régions et contribue à réduire les coûts logistiques. Dans cette perspective, les investissements ferroviaires ne relèvent pas seulement des infrastructures de transport. Ils constituent un outil de transformation économique et d’intégration territoriale. 

Le passage du président au stand d’Air Algérie a également permis de mettre en avant le plan d’extension des investissements de la compagnie nationale. Entre transport aérien et transport ferroviaire, la FIA a ainsi donné à voir l’importance accordée à la connectivité du territoire et à l’ouverture du pays sur ses partenaires régionaux et internationaux. 

Agroalimentaire, industrie et entreprises nationales 

La tournée présidentielle a également concerné plusieurs entreprises nationales représentant des secteurs importants de l’économie productive. Le chef de l’État a visité le stand d’Iris Tyres, spécialisée dans la fabrication de pneumatiques, celui de Bellat, engagée dans une dynamique d’investissement dans la production de viandes blanches, ainsi que le stand du groupe agroalimentaire SIM, dont les produits couvrent une part significative de la production nationale. 

Ces haltes ont mis en évidence la diversité du tissu productif national. Pneumatiques, agroalimentaire, transport, sidérurgie, industries spécialisées : les stands visités dessinent la cartographie d’une économie qui cherche à élargir sa base productive et à consolider ses filières. 

Dans l’agroalimentaire, les investissements présentés traduisent l’importance accordée à la sécurité alimentaire, à la transformation locale et à la maîtrise des chaînes de production. Dans l’industrie manufacturière, ils illustrent les efforts de substitution aux importations, de montée en gamme et d’élargissement des capacités nationales. La FIA permet ainsi de donner une visibilité aux entreprises qui participent à cette dynamique et qui sont appelées à jouer un rôle plus important dans la création de valeur ajoutée et d’emplois. 

L’industrie militaire comme composante de l’effort industriel national 

Le pavillon du ministère de la Défense nationale a constitué une autre étape importante de la visite présidentielle. Le président de la République y a suivi des explications détaillées sur les différentes industries et fabrications militaires nationales, ainsi que sur les structures de production relevant de l’Armée nationale populaire. 

Le chef de l’État a salué le niveau atteint par l’industrie militaire nationale, en s’enquérant des capacités de production, de l’évolution des fabrications et des nouveaux produits présentés. La participation de plusieurs établissements militaires à cette édition met en lumière un pan spécifique des capacités industrielles du pays, fondé sur la maîtrise technique, la formation, la précision et l’intégration technologique. 

Au-delà de sa vocation propre, l’industrie militaire nationale participe à l’effort de diversification de l’économie. Elle illustre la possibilité de développer, dans des segments exigeants, des compétences industrielles et technologiques susceptibles de renforcer le socle productif national. Sa présence à la FIA rappelle que l’économie industrielle ne se limite pas aux secteurs civils classiques, mais englobe également des capacités spécialisées qui contribuent à l’autonomie technologique du pays. 

Une édition sous le signe de la confiance productive 

À travers les déclarations du président de la République et les stands visités, la 57e édition de la Foire internationale d’Alger apparaît comme bien plus qu’un rendez-vous d’exposition. Elle s’impose comme un moment de mise en cohérence des priorités économiques nationales. Partenariat productif avec l’Espagne, coopération industrielle avec Oman, projets structurants avec le Tchad, soutien constant à la Palestine, valorisation de la production nationale, défense de l’acier algérien, transparence du guichet unique, développement du rail, consolidation des industries nationales : chacun de ces axes contribue à dessiner une même orientation. 

Cette orientation repose sur une idée centrale : la croissance durable ne peut être construite que sur une base productive solide, sur des partenariats équilibrés et sur la confiance dans les capacités nationales. La FIA 2026 donne ainsi à voir une Algérie qui cherche à transformer ses ressources, ses compétences et ses relations internationales en projets concrets, en chaînes locales de valeur et en opportunités de développement. En inaugurant cette édition et en multipliant les haltes auprès d’entreprises nationales et étrangères, le président Tebboune a inscrit la Foire internationale d’Alger dans une séquence économique où l’exposition devient message, où la visite devient orientation, et où les déclarations présidentielles fixent un cap : produire localement, investir efficacement, coopérer utilement et ouvrir à l’économie algérienne de nouveaux horizons de croissance. 

H. N. A.

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